Jeudi je lis Mai 2021 : Le poids de la grâce de Joseph Roth

27/05/2021 à 13:3027/05/2021 à 14:30jeudi je lis, lecture publique, lecture, bibliothèque rachi
jeudi 27 mai 2021 de 13:30 à 14:30

 

 

Jeudi, je lis : lectures publiques par Michel Degardin.

 

Prochain rendez-vous : le jeudi 27 mai à 13h30 en première Youtube

 

Lien vers la première

 

Michel Degardin, bénévole à la bibliothèque de l’Institut Rachi, propose, chaque mois, une lecture publique d’un livre, d’une nouvelle, d’un texte coup de cœur.

 

Mai 2021 : Le poids de la grâce de Joseph Roth

 

Joseph Roth : 1894-1939 Le personnage principal, de ce roman paru en 1930 sous le titre original « Hiob, Roman eines einfachen Mannes » (Job, roman d’un homme simple) est effectivement une figure de Job. Décrits avec précision, humour et tendresse, Mendel, le maître d'école, semble sortir d'une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer.

 

Pour toute demande d'informations : bibliotheque.rachi@gmail.com

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Jeudi je lis : Février 2021

11/02/2021 à 14:0011/02/2021 à 15:00
jeudi 11 février 2021 de 14:00 à 15:00

Bonjour à toutes et à tous !

 

 

 

Retrouvez- nous jeudi 11 février 2021 à 14h en première Youtube pour notre lecture du mois ! 

 

"Jeudi, je lis" : lectures publiques par Michel Degardin.

 

 

Lien vers la première youtube : https://youtu.be/-N8KWs_0FvI

 

Michel Degardin, bénévole à la bibliothèque de l’Institut Rachi, propose, chaque premier jeudi du mois, une lecture publique d’un livre, d’une nouvelle, d’un texte coup de cœur.

 

Prochaine lecture : "Contes ferroviaires, ou le Traîne savates" de Sholem Aleikhem.

 

Sholem Rabinovitch fut de son vivant célèbre et populaire sous son nom d’écrivain : Sholem Aleikhem (la Paix soit sur vous). Editeur de la revue Di Yiddishe Folksbibliotek, auteur prolixe et lecteur de nouvelles universellement connues, il fuit deux fois la Russie pour les USA : après la Révolution manquée de 1905 et sa vague de pogroms, et en 1914. Il meurt de la tuberculose en 1916 à 57 ans.

 

« Sur la frontière incertaine et mouvante entre comédie et tragédie, » les personnages de Sholem Aleikhem, « gardant, contre toute raison, confiance, » nous transmettent leur force et leur joie de vivre.

 

Le recueil Contes ferroviaires ou le Traîne-savates fut écrit entre 1902 et 1911.

 

contact :
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Jeudi je lis : janvier 2021

07/01/2021 à 13:1507/01/2021 à 14:30
jeudi 07 janvier 2021 de 13:15 à 14:30

 

Bonjour à toutes et à tous,

 

Retrouvez-nous Jeudi 7 janvier 2021 à 13h15 en direct sur notre chaîne Youtube pour notre lecture du mois !

 

Le mois prochain, Michel Degardin nous proposera une lecture d'une nouvelle d'Herman Melville : Bartleby le scribe.

 

On peut s’interroger longtemps, éternellement même, sur la singulière inertie de Bartleby : « Je préfèrerais ne pas. »

Mais que cette apathie parvienne, chez son patron, homme de loi pondéré, économe à tous égards, soucieux de la quiétude de son étude, hostile au moindre écart envers la civilité, à éveiller une attention si obsessionnelle, une responsabilité intranquille, voilà la véritable interrogation.

 

LIEN VERS LE DIRECT : https://youtu.be/KDztoS27-Rs

 

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Le lien vers le direct sera également disponible prochainement sur notre site internet et nos réseaux sociaux.

L'évenement est gratuit et ouvert à tous.

 

 

A très bientôt et bonne fêtes de fin d'année !

 

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Jeudi je lis : Novembre

 

Retrouvez-nous en direct sur youtube pour "Jeudi, je lis" : lectures publiques par Michel Degardin. Le jeudi 5 novembre 2020, via Youtube, de 13h30 à 14h30, diffusion en direct sur la chaîne de l'Institut Rachi.

 

Pour suivre l'événement, rendez-vous ici https://www.youtube.com/watch?v=o23IW0pQyo4

 

Michel Degardin, bénévole à la bibliothèque de l’Institut Rachi, propose, chaque premier jeudi du mois, une lecture publique d’un livre, d’une nouvelle, d’un texte coup de cœur.

Prochaine lecture : jeudi 5 novembre à 13h30 : « Une tête de nuage » d’Erri De Luca.
Dans un seul et même nuage, chacun peut, à son envie, reconnaître des formes différentes. Depuis que Jésus est né, dans son entourage, l’un lui trouve une ressemblance avec Elie, le deuxième avec David, le troisième avec tel sage… Ce jeu de ressemblance devient le fil conducteur de ce dialogue entre Joseph et Marie, de la naissance à la croix.

retrouvez cet événement sur notre page facebook : https://www.facebook.com/events/986030015139352

Jeudi, je lis : Décembre 2020

03/12/2020 à 13:1503/12/2020 à 14:30
jeudi 03 décembre 2020 de 13:15 à 14:30

 

Retrouvez-nous Jeudi 3 décembre 2020 à 13h15 en direct sur notre chaîne Youtube pour notre lecture du mois !

 

Ce mois-ci, Michel Degardin nous propose une lecture d'Amok, de Stefan Zweig

 

On pourrait dire simplement que « Amok », nouvelle écrite par Stefan Zweig en 1922, est un roman de la folie…

« Mais c’est là chose facile » nous avertit le personnage central. Avec Zweig, la folie ne se contraint pas dans la définition d’une maladie, elle s’incarne, se singularise dans la figure d’un médecin et se joue de sa question : « jusqu’où avons-nous précisément le devoir d’être serviable »

 

 

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à jeudi !

 

lien vers l'événement facebook : https://www.facebook.com/events/414223972943388

 

EDIT

 

vous pouvez dès à présent voir le replay de la lecture du mois de décembre sur notre chaîne Youtube : 

 

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Jeudi, je lis : Mars 2021

25/03/2021 à 19:0025/03/2021 à 20:30
jeudi 25 mars 2021 de 19:00 à 20:30

Bonjour à toutes et à tous !

 

 

 

 

"Jeudi, je lis" : lectures publiques par Michel Degardin.

 

Prochain rendez-vous :


Le jeudi 25 mars 2021, sur Youtube à 19h, diffusion en première

 

https://www.youtube.com/watch?v=2FuvdGXWU1U&ab_channel=InstitutUniversitaireEurop%C3%A9enRachi

 

(Le lien vers la première sera prochainement disponible sur nos réseaux sociaux, site internet et sera adressé par mail aux auditeurs de l'Institut Rachi)

 

Michel Degardin, bénévole à la bibliothèque de l’Institut Rachi, propose, chaque mois, une lecture publique d’un livre, d’une nouvelle, d’un texte coup de cœur.

 

Prochaine lecture : "La flamme d'une chandelle" de Gaston Bachelard.

 

« La contemplation de la flamme pérennise une rêverie première. Elle nous détache du monde et elle agrandit le monde du rêveur. La flamme est à elle seule une grande présence, mais, près d'elle, on va rêver loin, trop loin : « On se perd en rêveries. » La flamme est là, menue et chétive, luttant pour maintenir son être, et le rêveur s'en va rêver ailleurs, perdant son propre être, en rêvant grand, trop grand — en rêvant au monde. »
Publiée en 1961, "La flamme d'une chandelle" est la dernière œuvre du philosophe Gaston Bachelard.

 

 

Cet événement est gratuit et ouvert à tous.

 

Pour toute demande d'informations :
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Idée lecture : Les pirates juifs des caraïbes d’Edward Kritzler

Les idées lectures de la bibliothèque 

 

Les pirates juifs des caraïbes d’Edward Kritzler : L’incroyable histoire des protégés de Christophe Colomb

 

Il y a 529 ans, le 31 mars 1492, la chute de Grenade marque la fin de la Reconquista ainsi que la réunification des royaumes espagnols sous l’égide des rois très catholiques, Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille. Si toute la Chrétienté, jusqu’au pape Alexandre VI, salue cette victoire, elle marque pour les communautés juives de la Péninsule le début d’une longue période de persécution avec le décret de l’Alhambra qui ordonne aux Juifs de Castille et d’Aragon de choisir entre conversion au christianisme et exil. Je vous propose donc de découvrir une facette aussi originale et qu’inattendue de l’histoire de ces Juifs ayant fui l’Espagne avec un livre du fonds d’histoire de la bibliothèque de l’Institut Rachi, Les pirates juifs des caraïbes d’Edward Kritzler, journaliste et écrivain spécialiste de l'histoire de la Jamaïque.

 

Ainsi, alors que la majorité des exilés prennent la route de la Turquie, où le sultan Bayezid II accepte de les accueillir, et du Maghreb, d’autres Sépharades parviennent à s’embarquer avec les plus grands explorateurs de l’époque pour gagner clandestinement le Nouveau Monde –qui leur était interdit du fait de leur religion- en se faisant passer pour de fervents convertis, des « nouveaux chrétiens »… Continuellement persécutés, ils trouvent finalement refuge en Jamaïque, où Christophe Colomb et sa famille offrent asile aux Juifs poursuivis par l'Inquisition. Entre la fin du XVe siècle et le XVIIe siècle, ces colonies de convertis de façade ont joué un rôle important dans le développement des différentes îles des Caraïbes. Beaucoup de ces aventuriers juifs, brillants navigateurs et cartographes, embrassent les carrières de négociants et d’armateurs mais aussi de… pirates, participant au commerce très lucratif du tabac et des métaux précieux que sont l’or et l’argent. Beaucoup de ces Juifs persécutés, et leurs enfants, s’allièrent aux Hollandais –dont la capitale Amsterdam puis la Colonie de la Nouvelle-Amsterdam furent pour eux des refuges- ou aux Anglais. Ils devinrent des pirates implacables et des guerriers hors pair qui semèrent la terreur dans les galions espagnols chargés d’acheminer les trésors du Nouveau Monde vers les royaumes de Castille et d’Aragon, répondant ainsi aux violences de l’Inquisition qui avait poursuivi les juifs jusqu’aux Amériques, dans la logique de la loi du Talion.

 

 

 

Comme Edward Kritzler qui annonce avoir commencé à travailler sur ce sujet en feuilletant le journal de bord d’un pirate anglais du XVIIe siècle, son ouvrage se lit comme une grande aventure aux cotés de ces nombreux protagonistes, connus ou inconnus, entre les deux rives de l’Océan Atlantique, à travers les diverses phases de la conquête des Amériques, le développement des colonies ibériques jusqu’à la fin de l’âge d’or de la piraterie et à la révolution américaine à laquelle certains pirates juifs prirent part ainsi que de portraits aussi incroyable qu’inattendus comme celui du rabbin-pirate Samuel Palache, natif de la ville marocaine de Fès, qui fonda la première communauté juive d’Amsterdam ou des femmes audacieuses comme les sœurs Ordaz.

 

Une lecture proposée par Manon Carnat, étudiante en Master II Valorisation du Patrimoine Textuel et stagiaire à la bibliothèque de l'Institut Rachi

 

Cet ouvrage est à retrouver à la bibliothèque de l'Institut Rachi : lien vers la notice du catalogue

Idée lecture : Histoire des femmes en Occident, Michelle Perrot et George Duby

Les idées lectures de la bibliothèque 

 

Histoire des femmes en Occident, III (XVIe-XVIIIe siècles) : Les femmes à l’époque moderne

 

 

 

Il y a 332 ans décédait à Rome, capitale des Etats pontificaux, la reine Christine de Suède, le 19 avril 1689. Héritière du roi Gustave II Adolphe, champion de la cause protestante tué au combat durant la guerre de Trente ans, elle monte sur le trône à six ans et est élevé pour gouverner comme un homme de science et de guerre. Figure délibérée de femme androgyne à la masculinité outrée, qui renonça au trône pour se convertir au catholicisme, sans pour autant renoncer à la politique. Les choix de cette reine-homme ayant abdiquée par choix qui intervint notamment auprès de Louis XIV pour adoucir le sort des Protestants et des Juifs français, furent considérés comme « ridicule » dans une société où chaque sexe possède un statut qui lui est propre.

 

Je vous propose de découvrir le troisième tome de l’Histoire des femmes en Occident (XVIe-XVIIIe siècles), publié pour la première fois en 1990. Ce livre s’insère dans une série ayant pour sujet l'histoire des femmes depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, réalisée sous la direction de Michelle Perrot, historienne contemporaine et féministe, et de Georges Duby, historien spécialiste du Moyen Age. Dirigé par les historiennes Natalie Zemon Davis et Arlette Farge, ce tome consacré aux femmes à l’Epoque moderne prend le parti de ne pas être une galerie de femmes remarquables dans laquelle figurait immanquablement Christine de Suède mais d’offrir un panorama de la place des femmes dans la société moderne, au quotidien entre scène domestique, économique, intellectuelle, publique et religieuse. Durant cette période riche en bouleversements, les femmes occupent désormais l'ensemble des espaces, à l’exception de celui de la guerre qui reste dans les faits l’apanage des hommes bien que des reines et impératrices telles qu’Elisabeth Ière d’Angleterre, Catherine II de Russie ou encore la Grande Marie-Thérèse assurent déjà la direction de leurs armées.

 

Le rôle des femmes en Europe de l'Ouest, bien que ce ne soit pas uniforme selon les pays et les classes sociales, se définit au sein de leur famille, selon les stades de leur existence : principalement filles, épouses et mères. Tandis que l’Eglise, qui a défini depuis le Moyen Age une vision du « bon chrétien », livre un discours sur le corps, la beauté, l’amour et la sexualité ainsi que sur les formes de la sainteté que la femme peut atteindre en son sein comme religieuse, vierge et sainte. La femme fait donc l’objet d’innombrables représentations et est au centre de nombreux débats littéraires et philosophiques sur la « nature féminine », auxquels elles participent activement par les salons. Le mouvement des Précieuses, au XVIIème, témoigne ainsi de cette volonté de se faire reconnaitre et entraîne au XVIIIème un véritable débat sur la raison des femmes. Conscientes des inégalités dont elles sont victimes, certaines d'entre elles entrent en rébellion, s’associant volontairement ou non avec des figures marginales et inquiétantes telles que les sorcières -dont la figure connue représente un renversement des valeurs de la famille et de l’Eglise qui l’associe au Malin-, criminelles et insurgées.

 

L'enjeu principal de cette histoire des femmes est donc de montrer, outre la vie quotidienne des femmes européennes de l'Ancien Régime et son évolution, ce qui ressort du conflit entre d'un côté l'image et le rôle imposés aux femmes et de l'autre leurs tentatives d'évolution, accessible au grand public. Cet ouvrage ainsi que les quatre autres tomes de la collection l’Histoire des femmes en Occident dirigée par Michelle Perrot et Georges Duby, sont à (re)découvrir à la bibliothèque de l’Institut Rachi.

 

Une lecture proposée par Manon Carnat, étudiante en Master II Valorisation du Patrimoine Textuel et stagiaire à la bibliothèque de l'Institut Rachi

 

Cet ouvrage est à retrouver à la bibliothèque de l'Institut Rachi : lien vers la notice du catalogue

 

 

Idée lecture : La Métamorphose de Franz Kafka

Les idées lectures de la bibliothèque 

 

La Métamorphose de Franz Kafka : quand le monstre et le parasite ne sont pas ceux qu’on croit

 

 

A quoi sert-on quand, après avoir fait vivre les siens, une personne se retrouve réduite à rien, cloîtrée dans une pièce, dépendante de ceux qui dépendaient d’elle et maintenant ne voient plus en elle qu’une charge ? Cette tragique situation sert de toile de fond à Franz Kafka dans sa nouvelle La Métamorphose, qu’il rédige en 1912 et qui sera publiée après sa mort alors qu’il avait souhaité que ses écrits soient détruits, ne les jugeant pas assez bons pour être publiés.

 

La courte histoire qu’il y raconte est celle de Gregor Samsa, jeune voyageur de commerce en tissu avec ses parents et sa sœur Grete dans un appartement Prague, qui se réveille un matin pour découvrir qu'il est devenu physiquement une « vermine monstrueuse » tout en ayant conservé sa conscience humaine. Etant le seul à travailler pour rembourser les créanciers et faire vivre les siens, son absence interroge et on le presse de sortir. Mais l’effroi que suscite sa nouvelle apparence va l’obliger à s’enfermer dans cette pièce pour ne presque plus jamais en sortir. La porte de la chambre se transforme alors en frontière infranchissable entre un insecte qui a gardé son humanité et un entourage aliéné qui le nie désormais en tant qu’humain. Sa famille, oisive, est contrainte de se remettre au travail et ne le voit plus que comme un poids inutile. Le quotidien de Gregor Samsa va ainsi se détériorer, abandonné, à peine nourrit, haï des siens qui ne veulent plus le voir et vont même jusqu’à l’enfermer dans sa chambre, qui devient définitivement sa prison. Renié en tant qu’humain, il va à présent disparaître en tant qu’insecte, seul dans l’obscurité, affamé et épuisé.

La Métamorphose évoquée par Kafka est donc moins celle de son protagoniste que celle, cruelle, de sa famille face à son corps d’insecte et à son inutilité. Mobilisant la forme du conte et du récit antique de métamorphose, Franz Kafka interroge ainsi la nature humaine à travers le drame de son héros, Gregor Samsa, qui reste jusqu’au bout une victime sacrificielle sans cesser d’aimer les siens, dont l’aliénation due à sa métamorphose peut être considérée comme une extension de celle qu’il éprouvait autrefois en tant que personne, vampirisé par une famille qui ne semble être préoccupée que par l’argent. Kafka dénonce par là une certaine classe sociale bourgeoise, réduisant les liens familiaux à de simples rapports pécuniers. Les proches de Gregor, incapables de manifester quelque sensibilité humaine pourtant censée être l’attribut de leur espèce, se révèlent être des insectes déguisés en humains là où leur fils, pourtant transformé en insecte, a conservé en lui-même son humanité.

 

Cet ouvrage ainsi que les autres œuvres de Kafka tels que Amerika ou le Disparu, Le château, son Journal, ses lettres et Le procès, son ouvrage le plus célèbre, sont à (re)découvrir à la bibliothèque de l’Institut Rachi.

 

Une lecture proposée par Manon Carnat, étudiante en Master II Valorisation du Patrimoine Textuel et stagiaire à la bibliothèque de l'Institut Rachi

 

Cet ouvrage est à retrouver à la bibliothèque de l'Institut Rachi : lien vers la notice du catalogue

Idée lecture : La Bible et les saints, Gaston Duchet-Suchaux et Michel Pastoureau

Les idées lectures de la bibliothèque 

 

La Bible et les Saints : Guide iconographique pour comprendre les représentations religieuses

 

 

Alors que les bars, les restaurants et les lieux culturels, notamment les musées, rouvrent leurs portes ce 19 Mai 2021, je vous propose de (re)découvrir à la bibliothèque de l’Institut Rachi le guide La Bible et les Saints : Guide iconographique dédié aux représentations religieuses, publié pour la première fois en 1994 et constamment réédité depuis.

Ecrit par Gaston Duchet-Suchaux -archiviste-paléographe, spécialiste des images- et Michel Pastoureau -historien médiéviste étudiant la symbolique-, il rassemble les thèmes iconographiques les plus représentés dans l’histoire de l’Occident. Thèmes et motifs religieux qui sans cesse ont évolué sur la forme ; passant des fresques dans les catacombes romaines aux grandes toiles baroques après tout en ayant ornés les églises sous forme de retables et de statues ou les pages des livres et manuscrits. Les scènes et personnages religieux sont au cœur d’un langage commun aux artistes et à leur commanditaires grâce à la permanence des symboles. Chaque saint ou personnage biblique dispose ainsi de sa propre iconographie et d’attributs permettant au spectateur de l'identifier.

 

Le guide iconographique de Gaston Duchet et de Michel Pastoureau se propose comme un catalogue aussi complet que possible des principales représentations religieuses de la tradition occidentale des apôtres, prophètes et grands événements grâce à une série de notices transversales sur leur symbolique et leur iconographie. Chacune est organisée en plusieurs grandes parties : d’abord le nom du saint ou de l’événement dans les différentes langues concernées comme le latin, le grec, le français, l’italien ou l’espagnol. Les auteurs offrent ensuite une synthèse de la tradition biblique -en citant les référence des Evangiles- ou de la vie et légende qui y sont liés. La troisième partie de la notice est consacré à une description plus ou moins exhaustive des grands temps de sa représentation iconographique ainsi que de ses attributs. A cet égard, le roi David bénéficie d’une des fiches les plus longues -quatre pages- et d’une très grande pluralité de représentations tirées du Livre de Salomon, dont la prépondérance à varié selon les époques. Durant l’Antiquité, c’est l’iconographie du David jeune, berger, protecteur des troupeaux et vainqueur de Goliath grâce à sa fronde qui domine tandis que le Moyen Age choisit de représenter le roi âgé sage et barbu, musicien et auteur des Psaumes. Ses attributs sont alors la couronne et la Harpe ou le psaltérion. Ils lui sont conservés à la fin de l’époque médiévale où la figure invoquée de David est celle du prophète et du preux chevalier.

Ces descriptions qui sont complétées par de nombreuses reproductions, en couleur et en noir et blanc, de tout format, chargées d’illustrer la notice. Elles touchent à tous les supports ; fresque, gravures, icones, statues, peintures… D’artistes connues ou d’anonyme. Des premiers siècles à la fin de l’époque Moderne. Si nécessaire, des renvois à d’autres notices sont mentionnés ainsi que des renvois bibliographiques vers des ouvrages de références.

 

 

Pierre Pavillon, David vainqueur de Goliath, XVIIe siècle

Anonyme, David priant après son adultère avec Bethsabée, livre d'heures de Marie de Bourgogne, 1477

  

Pieter de Grebber, Le roi David en prière, vers 1640

Onction de David par Samuel, fresque sur bois, Synagogue de Doura Europos, IIe siècle

 

Une lecture proposée par Manon Carnat, étudiante en Master II Valorisation du Patrimoine Textuel et stagiaire à la bibliothèque de l'Institut Rachi

 

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Idée lecture : L'étoffe du diable, de Michel Pastoureau

Les idées lectures de la bibliothèque 

 

L'étoffe du diable : une histoire des rayures et des tissus rayés de Michel Pastoureau

 

 

Après avoir nous être intéressés à l’iconographie des saints et de la Bible, je vous propose une plongée dans les représentations mentales de l’Occident autour de la symbolique de la rayure avec L’étoffe du Diable de Michel Pastoureau, historien médiéviste spécialiste de la symbolique et de l'histoire culturelle des couleurs, des animaux, des emblèmes et de l'héraldique.

 

Dans cet ouvrage court et dense tout en étant facile à aborder, il nous explique en quoi la rayure et les étoffes rayées sont restées en Occident, jusqu'au XIXe siècle, des marques d'exclusion ou d'infamie portées par les individus vivant aux marges de la société chrétienne ou en dehors : tels que les musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures. Depuis le Moyen Age, les surfaces sont signifiantes. Elle distingue le maître du valet, le bourreau des victimes, les fous des sains d'esprit, les damnés des élus. Alors que le semé de fleur de lis ou hermines sont valorisants, solennels, associés au sacré et à la souveraineté, le tacheté est associé à la maladie et à la mort. Au milieu de ces exemples, le rayé symbolise un état infamant dans la hiérarchie sociale : la rayure horizontale y est le signe de la servilité, des prostituées et des personnes en marge. Les personnes qui en sont parées sont ainsi sujet de méfiance car transgressant l'ordre social. En héraldique, elle va même jusqu'à indiquer la bâtardise tandis que les représentations bibliques l'associent à Caïn ou Judas et des figures hors des normes de la société.

 

 

Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle, avec l'explosion de la mode des rayures que Buffon réhabilite le modèle zébré, qui sera abondement reprit dans les Colonies insurgées de l'Amérique avec leurs "stripes". Le modèle se décline alors partout ; aussi bien dans le textile, la décoration que le vêtement. Le statut visuel et culturel de la rayure se transforme radicalement pour évoquer la liberté et les idées nouvelles ou encore la mer avec la rayure horizontale des tricots de marins. Ces nouvelles formes de rayures positives cohabitent avec les anciennes jusqu'à nos jours car, sauf exceptions, les rayures sont présentes partout mais avec des formes et des significations différentes. Alors que des rayures horizontales se retrouvent dans les costumes masculins les plus honorables, le costume rayé des bagnards est repris comme marque d'infamie pour les déportés victimes du nazisme.

 

La rayure joue donc un rôle de trompe-l’œil, de mise en garde. Elle montre et cache à la fois, faisant le lien entre interdiction et perméabilité : signalant une barrière que l'on peut éventuellement franchir mais à ses risques et périls. C’est ce sujet que je vous propose de (re)découvrir à la bibliothèque de l’Institut Rachi.

 

Une lecture proposée par Manon Carnat, étudiante en Master II Valorisation du Patrimoine Textuel et stagiaire à la bibliothèque de l'Institut Rachi

 

Cet ouvrage est à retrouver à la bibliothèque de l'Institut Rachi : lien vers la notice du catalogue