Detroit, pas d'accord pour crever : une révolution urbainelivresAnnée : 2015Auteur : Dan GeorgakasEditeur : AGONE AGONDescription : Classique de l histoire sociale et politique américaine, Detroit : pas d accord pour crever revient sur les luttes que mena dans les années 1970, au sein des usines automobiles de « Murder City », la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires. Accordant une place de premier plan aux témoignages des acteurs de ce mouvement, il met crûment en lumière la réalité des conditions de travail à la chaîne, la corruption des appareils syndicaux, le racisme quotidien de la société américaine, mais aussi le développement à la base de luttes pour la justice sociale. Si Detroit incarne aujourd hui la faillite absolue du capitalisme industriel et l abandon de toute une population par les élites politiques et économiques, les auteurs de ce livres invitent à considérer son histoire comme un modèle réduit de ce qui menace l ensemble de la société américaine, voire des pays industrialisés mais aussi un lieu où pourrait s expérimenter une société plus juste et solidaire. Spécialiste des politiques urbaines, Marvin Surkin a fait partie de la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires. Dan Georgakas est écrivain, historien et militant, spécialiste de l histoire orale et du mouvement ouvrier américains. Les proloslivresAnnée : 2016Auteur : Louis OuryEditeur : AGONE AGONDescription : Les Prolos est un témoignage d'apprentissage comme il en existe des romans. On y suit un très jeune apprenti, issu du monde agricole des régions rurales de la Loire, pour qui le passage par la condition ouvrière est une étape dans un parcours de promotion sociale. C'est à Saint-Nazaire, dans les chantiers navals, que le chaudronnier se rapproche d'une classe ouvrière nullement enchantée, dans une progression dramatique qui culmine avec la grande grève de 1955. Le monde des Prolos, immédiatement postérieur à la reconstruction, est celui de la guerre froide, d'écarts et d'affrontements sociaux qu'on peine aujourd'hui à se représenter. C'est un monde presque entièrement disparu, qui a inspiré à Louis Oury un des classiques majeurs du témoignage ouvrier. Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrierlivresAnnée : 2020Auteur : Françoise ThirionetEditeur : AGONE AGONDescription : « Le ministre socialiste avait annoncé la construction d?une prison à la place des Forges comme plan de reconversion pour les travailleurs. Idée monstrueuse et provocatrice. Nous l?avions averti que s?il venait à la manifestation, nous le jetions dans le canal. D?ailleurs nous avions mobilisé deux maîtres-nageurs pour ce jour-là. »
Aux Forges de Clabecq, usine sidérurgique située près de Bruxelles, pour Silvio et ses collègues, le quotidien, c?est d?abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d?hygiène et de sécurité, Silvio témoigne de trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture annoncée du site.
Son mandat syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre l?« esprit de Clabecq ». Pour mener leurs combats, c?est sur leurs propres forces et sur leur connaissance de leur métier que les ouvriers de Clabecq s?appuient. Quitte à mettre de côté l?appareil syndical sitôt qu?il déclare ne plus rien pouvoir pour eux. Par sa confiance jamais démentie dans le potentiel émancipateur de sa classe, Silvio donne une leçon salvatrice d?optimisme militant. Le pouvoir des oubliés de l'histoire : conversation sur l'histoire populaire des États-UnislivresAnnée : 2020Auteur : Howard ZinnEditeur : AGONE AGONDescription :
En 2007, le journaliste Ray Suarez a eu avec Howard Zinn une série d'entretiens autour de son oeuvre majeure, Une histoire populaire des États-Unis (1980 ; trad. fr. : Agone, 2002). Zinn revient sur divers épisodes, de la conquête du territoire à la « guerre contre le terrorisme » en passant par la révolution, la guerre civile, les luttes ouvrières des xixe et xxe siècles, les guerres mondiales, la guerre froide ; et explicite sa conception de l'écriture de l'histoire. Les révoltés de La Courtine : histoire du corps expéditionnaire russe en France, 1916-1920livresAnnée : 2020Auteur : Rémi AdamEditeur : AGONE AGONDescription : <p><strong>En 1917, à 6 000 kilomètres à l'Ouest de Pétrograd, deux brigades de soldats Russes prennent, à leur manière, une part active dans la révolution.</strong></p> <p><em>« L'histoire du corps expéditionnaire russe se situe à la croisée de l'histoire des relations franco-russes, des mutineries et de la révolution de 1917. Comment la révolution a-t-elle pu se frayer un chemin jusque dans les tranchées, loin de l'agitation politique de la Russie, apparemment hors de portée de la propagande bolchévique ' Par quels canaux cette « contagion » a-t-elle innervé l'ensemble du corps expéditionnaire ' Comment est-on passé, d'une 'troupe d'élite' dont les hommes et les officiers avaient été sélectionnés avec un soin tout particulier, à la plus importante mutinerie survenue sur le front occidental ' »</em></p> <p>En 1915, alors que la guerre s'est enlisée, le gouvernement français prend la chair à canon partout où elle se trouve. L'empire colonial y pourvoit largement, mais c'est encore insuffisant. Paris forme alors le projet de puiser dans les immenses réserves d'hommes de l'allié russe, en échange de quelques livraisons d'armes. C'est un faible apport militaire, mais un magnifique outil de célébration de l'« amitié franco-russe » ' jusqu'au moment où la contagion révolutionnaire vient briser les rêves de la propagande.</p> <p>Les deux brigades, arrivées en France en 1916, accueillent la nouvelle de la révolution de février dans le plus grand enthousiaste. La détestation du tsar est unanime parmi les hommes. Après le désastre de l'offensive Nivelle dans laquelle elles sont jetées en avril, les brigades se mutinent et exigent leur rapatriement. Elles sont retirées du front, internées à La Courtine, mais rien n'y fait : l'agitation persiste. Elle sera durement réprimée.</p> L'action directe et autres écrits syndicalistes, 1903-1910livresAnnée : 2010Auteur : Emile PougetEditeur : AGONE AGONDescription : ? action directe, c?est la libération des foules humaines, c?est leur montée vers la conscience. C?est l?appel à tous pour participer à l??uvre commune : chacun est invité à ne plus être un zéro humain ; chacun est incité à ne plus subir passivement les fatalités sociales. L?action directe clôt le cycle des miracles ? miracles du ciel, miracles de l?État. En opposition aux espoirs en les « providences », de quelque espèce que ce soit, elle proclame la mise en pratique de la maxime : le salut est en nous !
Les quatre brochures que nous reproduisons ici contiennent l?essentiel de la conception du syndicalisme révolutionnaire. Ces essais sont complétés par trois textes relatifs à la campagne pour la journée de huit heures lancée en 1904. Indispensables pour connaître le « moment révolutionnaire » du syndicalisme français, ces manuels de la révolte ouvrière sont aussi source d?inspiration pour tous ceux qui ne peuvent se résigner à un « ordre » social aussi intolérable aujourd?hui qu?il l?était voilà cent ans. Carnets, 1936-1947livresAnnée : 2012Auteur : Victor SergeEditeur : AGONE AGONDescription : Édition intégrale préparée et présentée par Claudio Albertani et Claude RiouxFruits dune discipline militante et littéraire, ces carnets, livrés àla lecture sans médiation ni correction a posteriori, font alterneranalyses politiques, témoignages et réflexions personnelles.Lensemble propose les éléments dune contre-histoire des annéescapitales du XXe siècle. Et on y retrouve à la fois les qualitésdécrivain de Victor Serge (finesse des portraits, descriptioninspirée des villes et des paysages traversés) et loriginalité de sesanalyses politiques (permanence de lespérance socialiste malgrélisolement et la défaite)De Bruxelles à Mexico, en passant par Paris et Marseille, Serge porteun regard lucide sur une période particulièrement dramatique : alorsquil était minuit dans le siècle , il fait la preuve quon peut nejamais abdiquer devant la force brute ni renoncer à lespérancesocialiste.Né à Bruxelles dans une famille dexilés anti-tsaristes, rédacteur àlanarchie, Victor Serge (18901947) rejoint la Russie à lannonce dela révolution après avoir participé en juillet 1917 à une tentative desoulèvement anarchiste à Barcelone. Membre de lopposition de gauchedu parti bolchevique, il connaît la prison puis la relégation enOural. Expulsé dURSS après des années dinterventions de militants etdécrivains, il arrive à Bruxelles en avril 1936. En 1941, il réussità fuir la France et rejoindre lAmérique centrale avec son fils Vlad De mémoire n° 2 : un jour de septembre 1973 à Barcelone : (2) : Le deuil de l'innocencelivresAnnée : 2009Auteur : Jean-Marc RouillanEditeur : AGONE AGONDescription : Le 17 septembre, en fin d?après-midi, dans le Nord, près de la frontière, la Guardia Civil a capturé des camarades. Nous n?en savons que ce qu?en ont dit la presse et quelques contacts. La fusillade n?aurait pas fait de morts. Deux auraient été pris? Depuis, nous prévoyons le pire. Près de l?aérateur, nos trois musettes sont alignées en rang d?oignons. Quelques munitions, des chargeurs de rechange, une ou deux liasses de billets de mille pesetas, des papiers, un paquet de cartes d?identité comme un jeu de tarot, un couteau, une boussole et les cartes d?état-major Alpina. Si nécessaire, nous partirons à pied par le maquis jusqu?au camp de base le plus proche. En cavalant, nous l?atteindrons dans la journée. Sur les chemins entre Barcelone et la Cerdagne, nous avons installé des caches avec des sacs de couchage plus la nourriture indispensable à quatre ou cinq jours de marche? Après les années d?insouciance à Toulouse, voici celles de la formation sous la dictature de Franco. Ici, la dernière journée en Espagne pour échapper à la souricière montée par la Guardia Civil. De mémoire n° 3 : 3 : la courte saison des Gari,Toulouse 1974livresAnnée : 2011Auteur : Jean-Marc RouillanEditeur : AGONE AGONDescription : On expérimentait de nouvelles formes de lutte. Mais on ne partait pas de rien : nos racines venaient du vieux « guérillerisme » ibérique. On diffusait l?expérience acquise à Barcelone dans la lutte du MIL. Et en France, pour la première fois depuis la guerre d?Algérie, des militants révolutionnaires entraient dans la clandestinité les armes à la main. Ça n?était plus des théories sans pratiques véritables. La guérilla devenait l?arme de la lutte quotidienne. Faction incessante du sabotage et de la subversion. Sans aucun regret, on avait coupé les ponts avec la connivence et les bienséances bourgeoises.
Ce troisième volume des mémoires du prisonnier politique Jean-Marc Rouillan revient sur le quotidien du groupe toulousain des GARI (Groupes d?action révolutionnaire internationalistes) en lutte contre la dictature de Franco. Au-delà d?un récit d?aventures picaresques et insouciantes qui s?étendent sur tout le territoire européen, on voit se dessiner le point de non-retour vers l?engagement dans la lutte armée. La guerre d'Espagne : révolution et contre-révolution, 1934-1939livresAnnée : 2014Auteur : Burnett BollotenEditeur : AGONE AGONDescription : « La révolution espagnole fut la plus singulière des révolutions collectivistes du XXe siècle. C est la seule révolution radicale et violente qui se soit produite dans un pays d Europe de l Ouest et la seule qui ait été, malgré l hégémonie communiste croissante, véritablement pluraliste, animée par une multitude de forces, souvent concurrentes et hostiles. Incapable de s opposer ouvertement à la révolution, la bourgeoisie s adapta au nouveau régime dans l espoir que le cours des événements changerait. L impuissance manifeste de leurs partis incita très vite les libéraux et les conservateurs à rechercher une organisation capable d arrêter le courant révolutionnaire lancé par les syndicats anarchiste et socialiste. Quelques semaines seulement après le début de la révolution, une organisation incarnait à elle seule tous les espoirs immédiats de la petite et moyenne bourgeoisie : le parti communiste. » Maîtrisant une immense bibliographie, ce livre offre non seulement une synthèse magistrale de la guerre d Espagne, mais aussi la possibilité de dépasser un stade où la mémoire était trop étroitement mêlée à l histoire pour permettre de déceler les enjeux de cette période cruciale du XXe siècle. De mémoire n° 1 : I : Les jours du début, un automne 1970 à ToulouselivresAnnée : 2007Auteur : Jean-Marc RouillanEditeur : AGONE AGONDescription : Certains jours de bagarre, apparaissaient sur le campus de petites vieilles, un vol noir pareil à des étourneaux, toutes en deuil, avec de minuscules chapeaux de pailles et, sur les genoux, un sac à main de cuir verni. Cette fois-là, nous les découvrîmes près des anciennes arches du patio. Elles étaient cinq, assises sur un muret, serrées les unes contre les autres, cachant leur bouche et leur nez sous des mouchoirs au liseré de violette pour se protéger des gaz lacrymogènes.
« Mesdames, ne restez pas là, vous voyez bien que c?est dangereux? » leur conseilla le bon La Carpe, appuyé négligemment sur un manche de pioche.
« Merci mon petit, tu es bien agréable, mais tout ce tracas, vois-tu, ça nous occupe? »
Nous partîmes en souriant du « ça nous occupe », persuadés d?avoir croisé les fameuses « mémés qui aiment la castagne » chantées par Nougaro.
Dans ce premier volet « De mémoire », Jann-Marc Rouillan revient sur la fin de son adolescence, à Toulouse, en 1970. Les premiers amis, premières amours, premiers camarades, puis les premières armes ; mais aussi l?occasion de décrire une ville, une époque, des m?urs et des idéaux qui furent déterminants pour celui qui prendra bientôt le maquis contre la dictature franquiste.