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Samira Bellil, née le à Sidi M'Hamed (Alger) et morte à Paris 12e le , est une éducatrice algérienne et française, connue pour son ouvrage Dans l'enfer des tournantes (en).
Samira Bellil est née le à Alger (Algérie), fille d'une mère vendeuse et d'un père ouvrier. Elle est confiée à une famille belge jusqu'à l'âge de 5 ans, puis rejoint sa famille en Seine-Saint-Denis.
À treize ans, elle est séquestrée et violée par un ami du caïd de son quartier, un quartier difficile de Sarcelles dans le Val-d'Oise ; elle est à nouveau victime de viol trois ans plus tard. Elle dénonce le fait que dans les quartiers des banlieues, « une fille qui traîne, c'est une pute, donc qu'elle ne se plaigne pas s'il lui arrive des embrouilles. » Le violeur est condamné à huit ans de prison.[réf. nécessaire] Cette épreuve conduit Samira Bellil dans une errance dont elle sort grâce à une psychothérapie.
Elle acquiert la nationalité française par naturalisation le 15 novembre 1994.
Elle écrit le livre Dans l'enfer des tournantes (en). Paru le dans le contexte suivante le meurtre de Sohane Benziane, il connaît une très grande diffusion car rompant la loi du silence sur les viols collectifs (« tournantes »). Elle évoque la tentation de vengeance et le traumatisme. Son livre dénonce également le système judiciaire français et sa difficulté à trouver une oreille qui l'écoute sans la juger et des gens en qui elle puisse avoir confiance. Son récit est dédié à ses « copines de galère pour qu'elles sachent qu'on peut s'en sortir » et rend hommage, pour son livre Merveilleux malheur, à Boris Cyrulnik, psychologue qui plaide pour la résilience.
À la suite de l'impact médiatique de son livre, elle devient, pendant quelque temps, proche du mouvement Ni putes ni soumises, espérant ainsi collecter des fonds pour aider les femmes victimes de violences sexuelles. Elle quittera le mouvement à la suite de nombreuses divergences.
Devenue éducatrice à Saint-Denis puis à Paris, elle affirme :
« La cité, c'est plein de gens formidables qui essaient de s'en sortir courageusement. Car tous les petits gars de chez nous ne sont pas des violeurs, loin de là. »
Elle meurt en 2004 à l'âge de 31 ans d'un cancer de l'estomac. Ses obsèques ont lieu en présence d'un millier de personnes comprenant des personnalités féministes ainsi qu'Anne Hidalgo, ajointe au maire de Paris, et la ministre de la solidarité Nicole Ameline. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (19e division, deuxième ligne, Chemin du Dragon), à Paris.
La ville de L'Île-Saint-Denis inaugure le une école qui porte son nom, pour défendre les droits des femmes.
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