Muse de la raison : démocratie et exclusion des femmes en France
essai
Année : 1995
Auteur : Geneviève Fraisse
Editeur : GALLIMARD GALIMAR
Description : Pourquoi, en France, les femmes participent-elles si peu aux affaires de la cité ' Faut-il, en réponse, changer la loi pour changer les m'urs, imposer la parité des hommes et des femmes dans les instances du pouvoir, obliger à des quotas aussi misérables que le retard qu'ils seraient censés combler 'L'écho que cet ouvrage, longtemps introuvable, a rencontré dès sa parution tient à ce que, le premier, liant histoire et philosophie, il a posé la question fondamentale du pourquoi de l'exclusion politique des femmes, en remontant à son origine - la Révolution française, celle-là même qui émancipa politiquement les sujets en citoyens.Car la Révolution française tint, y compris chez ses éléments les plus avancés, à marquer la différence des sexes. Constance de Salm, Mme Gacon-Dufour, Cabanis, Mme de Staël, Condorcet, Fourier, Stendhal, de Maistre ou de Bonald - toute la Révolution est traversée par la question de savoir si le génie peut exister chez une femme, si le sexe de la femme est en rapport avec son cerveau, si les femmes ont le même droit à l'éducation que les hommes, donc à une future citoyenneté.Cette volonté, qui agite la France bien au-delà de 1789, de marquer une différence entre les sexes là où l'émancipation politique a effacé les différences entre les êtres permet enfin de comprendre comment une société qui prétend respecter l'identité des personnes assume la différence des sexes, pourquoi la démocratie française devint, jusqu'en 1945, pour les femmes une démocratie exclusive.

Les femmes et leur histoire
essai
Année : 1998
Auteur : Geneviève Fraisse
Editeur : GALLIMARD GALIMAR
Description : Les femmes et leur histoire, car écrire l'histoire des femmes ne peut se limiter au seul usage des règles et méthodes de la discipline historique. L'histoire des femmes dépasse l'opposition commune entre le réel et sa représentation, et la quête de la place du sujet dans cette opposition : elle renvoie, en effet, fondamentalement à la différence des sexes, à la manière dont les philosophes ont pensé cette différence, aux modalités grâce auxquelles législateurs et acteurs de l'histoire ont bâti avec cette différence l'ordre politique. Écrire l'histoire des femmes oblige donc à lier ensemble, dans la construction de l'objet historique, les systèmes de la philosophie - de Rousseau à Derrida - et les données empiriques de l'histoire - des initiatives révolutionnaires à l'inscription de la parité dans la Constitution. Des figures singulières du combat féministe - telles Madame de Staël, George Sand, Louise Michel, Clémence Royer ou Madeleine Vernet - côtoient donc dans cet ouvrage l'analyse serrée de grands discours ou textes fondateurs de l'exclusion comme de l'inclusion des femmes. Parce que, nous montre Geneviève Fraisse, la question des femmes fut de réintroduire dans l'histoire, c'est-à-dire de prendre part à l'énigme du devenir plutôt que de continuer à être représentées comme des énigmes de la nature.