Félix Alexandre Guilmant, né à Boulogne-sur-Mer le et mort à Meudon le , est un organiste, improvisateur, compositeur et professeur français.
Félix-Alexandre Guilmant est issu d'une famille picarde de musiciens et de facteurs d'orgue. Son père Jean-Baptiste Guilmant (1794-1890) était organiste et maître de chapelle de l'église Saint-Nicolas. Dès l'âge de douze ans, il supplée son père à l'orgue et en devient titulaire à l'âge de seize ans.
D'abord élève de son père, il prend des leçons d'harmonie auprès de Gustave Carulli à Boulogne. En 1860, il se perfectionne à Bruxelles auprès de Jacques-Nicolas Lemmens, qui était allé en Silésie recueillir la tradition de Bach. Il devint organiste et professeur au conservatoire de sa ville natale.
Le , il épouse à Paris Louise Blériot, dont il aura quatre enfants : Félix, Cécile (organiste), Pauline et Marie-Louise (qui épousera en 1895 l'égyptologue Victor Loret, fils de l'organiste Clément Loret). Aristide Cavaillé-Coll est l'un des témoins du marié.
En 1871, il succède à Alexis Chauvet à l'orgue de l'église de la Sainte-Trinité à Paris, poste qu'il occupera pendant trente ans. En 1878, il tient l'orgue du Trocadéro construit pour l'Exposition Universelle : il y donnera très régulièrement des concerts destinés à faire (re)découvrir au grand public le répertoire multiséculaire de l'orgue.
Sa carrière de concertiste et d'improvisateur virtuose l'amène à se produire partout en Europe mais aussi en Amérique et au Canada.
Il fonde en 1894 la Schola Cantorum (avec Louis-Lazare Perruchot, Charles Bordes et Vincent d'Indy), et succède à Charles-Marie Widor à la classe d'orgue du Conservatoire de Paris en 1896.
Avec André Pirro, il publie de 1897 à 1910 une collection de partitions, les dix volumes des Archives des Maîtres de l’Orgue, rassemblant les compositions de nombreux auteurs classiques français. Il procède de la même façon pour les maîtres étrangers avec L’École classique de l’Orgue (25 volumes publiés de 1898 à 1903).
En 1902, il quitte son poste d'organiste à la Trinité car le curé avait, sans son accord, fait intervenir la maison Merklin sur le Grand-Orgue Cavaillé-Coll durant son absence pour une tournée de récitals aux États-Unis, travaux qu'il refuse de réceptionner. À la suite de la recommandation de Louis Vierne, il est nommé organiste honoraire de Notre-Dame de Paris.
Alexandre Guilmant meurt à Meudon, où il s'était retiré, le d'une grippe mal soignée. Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (20e division).
Une rue de Meudon porte son nom.
Parallèlement à sa carrière d'organiste, Alexandre Guilmant se consacre à la composition, laissant à la postérité une œuvre liturgique et de concert considérable, tout particulièrement pour son instrument.
Pour l'orgue, on peut citer ses Pièces dans différents styles (18 collections en tout), ses livraisons de Noëls op. 60, ses Soixante interludes dans la tonalité grégorienne, les 12 cahiers de L’Organiste pratique, les 10 cahiers de L’Organiste liturgiste, etc. Ses 8 Sonates pour orgue, bien que baptisées ainsi par leur auteur dans la tradition allemande, suivent en réalité un forme et une structure davantage symphonique. Dans ce même domaine de l’orgue symphonique, on lui doit Légende et Final symphonique en ré mineur (opus 71, 1888), Morceau symphonique en la mineur (opus 75, 1892) ou les deux Symphonies pour orgue et orchestre (transcriptions des Sonates opus 42 et 91).
Outre la musique pour orgue, Guilmant a composé de la musique de chambre, de la musique vocale (notamment des motets et des messes pour chœur et orgue), une symphonie cantate (Ariane), ainsi qu'une scène lyrique (Bethsabée).
Il a également réalisé de nombreuses transcriptions pour orgue, notamment à partir d'œuvres de Bach et de Saint-Saëns (dont le Carnaval des Animaux).
Parmi ses élèves, on peut citer Joseph Bonnet, Nadia Boulanger, Marcel Dupré, Émile Poillot et l'organiste américain William Carl.
Alexandre Guilmant représente une figure aussi importante que César Franck dans le renouveau de l’école française d’orgue, tant pour son œuvre de musicologue (les Archives des Maîtres de l’orgue) que pour son travail de pédagogue et de compositeur.
L’influence de Guilmant s’exerce encore aujourd’hui, non seulement en France mais surtout en Angleterre et en Amérique, car il eut de nombreux étudiants anglophones. C'est en partie grâce à lui que J. S. Bach est considéré comme LE compositeur fondamental pour la formation organistique.
Alexandre Guilmant laisse une centaine d'œuvres.
Archives des maîtres de l’orgue des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, publiées d’après les manuscrits et éditions authentiques avec annotations et adaptations aux orgues modernes par Alexandre Guilmant, organiste de la Trinité, professeur d’orgue au Conservatoire de Paris, avec la collaboration, pour les notices biographiques de André Pirro. (10 vol.). Paris, Durand, 1897-1910.
École Classique de l’Orgue - Morceaux d’Auteurs Célèbres / Publiés et annotés / par / Alexandre Guilmant, professeur d’Orgue au Conservatoire National de Paris. Paris, Durand, Londres et Bruxelles, Schott, 1900 et suiv. :
Répertoire des Concerts du Trocadéro - arrangements pour orgue seul de diverses pièces d’auteurs baroques et classiques, en 4 livraisons.
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