Biographie
Introduction
Jean-Louis Pesch, de son vrai nom Jean-Louis Poisson, né le à Paris et mort le à Châteauneuf-sur-Sarthe, est un scénariste et dessinateur français de bandes dessinées, principalement connu pour la série des Aventures de Sylvain et Sylvette, qu’il reprend en 1957, en alternance avec Claude Dubois, à la mort de Maurice Cuvillier, son créateur.
Il prend comme pseudonyme « Jean-Louis Pesch » car certains amis du Gers l'appelaient « lou pesch » (« le poisson » en gascon). Il y a ajouté un poisson afin de ne pas oublier son véritable nom.
Biographie
Jean-Louis Poisson naît le à Paris. Délaissé par sa mère, c'est sa tante, sœur de son père et sa grand-mère paternelle qui l'élèvent à Juvardeil en Maine-et-Loire. À l'âge de 13 ans, il intègre l'École supérieure des arts appliqués Duperré. À partir de ses 14 ans, il travaille successivement dans un studio de dessins animés, dans un atelier de dessins pour tissus et dans la publicité. Son père étant malade (il décède à 43 ans en 1946), et délaissé par sa mère, il s'engage dans la marine le 7 décembre 1945 pour 3 ans.
En 1950, il ouvre un atelier de publicité, secteur où la demande est forte. Le créneau s’avère riche et les travaux publicitaires sont sous toutes les formes : buvards, jeux ou protège-cahiers s’accumulent pour Soleil d’or, les biscottes Hirondelles, Delft, Pelletier et Jacquet, Exona, Avia, Ripolin, les rubans adhésifs Scotty (dans Scotty Journal, journal publicitaire de huit pages) . Il dessine de nombreux comic strip et quelques courtes bandes dessinées . Il poursuivra cette activité professionnelle tout au long de sa carrière, jusqu'aux années 2000.
Ses premières planches, qui racontent les aventures d’un garçonnet nommé Nouni, paraissent en 1954 dans le journal Capucine, qui publie également par la suite les tribulations du « héros de Pinpinville », une histoire inspirée du Roman de Renart mettant en scène un lapin.
À partir de 1955, il travaille pour plusieurs groupes de presse enfantine. Il dessine notamment des histoires animalières pour Fleurus et Del Duca : Yo-Yo, Oscar, Panchito, Couinou dans Mireille, Mouss'tik dans L'Intrépide. Pour les Éditions Mondiales, il crée un western : Pancho et Filasse. Il travaille aussi pour Le Journal de Tintin, notamment en y dessinant Les Primeurs (sur des scénarios de Franz).
En 1956, Maurice Cuvillier , créateur de Sylvain et Sylvette (1941), tombe malade et décède le 23 décembre 1957. La carrière de Jean-Louis Pesch prend un tournant. Les éditions Fleurus lui demandent de reprendre les personnages. Conquis par l’univers champêtre qui lui rappelle son enfance, il perpétue la série par l’écriture de nouvelles histoires, toujours dans l’esprit de Maurice Cuvillier, avec un premier album dans la série Fleurette Le Repas interrompu (année édition originale 1957).
Jean-Louis Pesch reprend une histoire laissée inachevée par Maurice Cuvillier, On a volé l’éléphant blanc, à partir de la page 23 (Collection Nouvelles aventures, albums en format à la française, 62 à 64 planches, couverture cartonnée). Dans la préface de la réédition de l'album, Jean-Louis Pesch écrit qu'il a inventé la suite de l'histoire en tenant compte qu'en page 22, Maurice Cuvillier avait annoncé un voyage aux Indes. Il a ainsi créé cette histoire d'éléphant blanc, le titre et la couverture de l'album (année édition originale 1958).
Il termine l'épisode Compère l'Ours est bien puni commencé par Maurice Cuvillier paru dans le journal Fripounet et Marisette (n°1-1958 au n°20-1958), le changement de dessinateur se situe entre la page 8 et la page 9.
Au cours de ces nouvelles histoires, et pour apporter un sang nouveau à la série, il intègre progressivement à l’univers de Sylvain et Sylvette de nouveaux personnages tel que Coin-Coin, le canard qui déjoue un stratagème de compère Renard alors que Sylvain revient de la ville avec sa charrette remplie de provisions (album Fleurette nouvelle série n°7 Renard en savait trop). Vivant entouré d'animaux, Jean-Louis Pesch en ajoutera d'autres tels que le chien Alfred, la corneille Olga, la tortue Cloé, Croa le corbeau....
Jean-Louis Pesch, grand défenseur de la cause animale fait disparaître de la série toute trace de violence et de mépris envers le monde animal.
En 1973, Jean-Louis Pesch demande à son éditeur à percevoir des droits d'auteur et que ses albums soient édités au format à la française : c'est la nouvelle collection, « Séribis », qui mélange nouveautés et rééditions d'histoires précédemment parues dans la Nouvelle série Fleurette (ou deuxième série). Initialement avec une couverture souple, les albums sont cartonnés à la française et sont composés de 48 pages. Démarrer aux éditions Fleurus, cette série est reprise successivement par Le Lombard, Dargaud et Hachette.
En 1982, madame Cuvillier, veuve du créateur de Sylvain et Sylvette, décède et lègue ses droits à une association pour l’aide aux jeunes infirmes soutenant l’Œuvre de Saint-Jean-de-Dieu. Passant contrat avec cette association, Jean-Louis Pesch devient alors l’exploitant exclusif de l’œuvre de Maurice Cuvillier.
En 2003, Jean-Louis Pesch choisi Bérik comme successeur pour la série Sylvain et Sylvette. En 2022, Bérik souhaite arrêter et Jean-Louis Pesch ne lui trouvant pas de successeur à son goût, il écrit et dessine La Belle Aventure (2022), album dans lequel Sylvain et Sylvette retrouvent leur mère.
En 2005, Jean-Louis Pesch réalise un album BD de 68 pages sur la Bête du Gévaudan, publié aux éditions De Borée.
Jean-Louis Pesch vit en Maine-et-Loire, à Juvardeil, où il travaille à ses séries et à ses divers travaux publicitaires. Il est à l'origine de L’Écho de la chaumière : le bulletin de l’association des Amis de Sylvain et Sylvette, dont six numéros sont publiés de juin 2006 à avril 2012. L'association anime le village de Juvardeil, où les plaques des rues sont réalisées à partir des dessins de J-L Pesch.
Grâce à Jean-Claude Sartarin, adhérent de l'Association Pictavia dont Jean-Louis tout comme Claude Weill imprimeur de nombre de ses travaux publictaires en sont également membres, "la tombe de Maurice Cuvillier dans le cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine : 14°division - 9° ligne - 32° tombe" est sauvée. "J'ai retrouvé et j'ai sauvé la tombe du Père de Sylvain et Sylvette" (Pictavia N°30).
Jean-Louis Pesch ayant pris le relais, son association a pu la restaurer et y apposer une plaque lui rendant hommage. La mairie de Paris a offert le rachat de la concession à l'association.
Christophe Béchu, en tant que président du Conseil général du Maine-et-Loire, le fait Officier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2010.
Depuis , une série jeunesse de Sylvain et Sylvette voit le jour aux Éditions P'tit Louis. Elle comprend 22 titres. De nombreux albums sont réalisés en collaboration avec différents auteurs : Bélom, Bruno Bertin notamment. D'après Ouest-France en 2010, les ventes de Sylvain et Sylvette chez Dargaud totalisent vingt millions d'albums.
En 2015, les tout premiers romans sur la genèse de Sylvain et Sylvette arrivent en librairie. Ils sont publiés par les Éditions P'tit Louis.
En 2017, participation au festival Quai des bulles.
Le , il est fait commandeur des Arts et des Lettres des mains de Roselyne Bachelot.
Jean-Louis Pesch meurt le à son domicile de Châteauneuf-sur-Sarthe. Il est inhumé à Juvardeil.
Collaboration avec Henriette Robitaillie
1951, début de la collaboration avec la scénariste Henriette Robitaillie qui rédige certains de ces travaux publicitaires.
1954, J-L Pesch dessine une histoire en vingt pages avec Panchito, une tortue cow-boy sur un scénario d'Henriette Robitaillie
Par la suite, ils travaillent ensemble essentiellement sur des histoires d'animaux pour Cœurs Vaillants, Âmes Vaillantes, Fripounet et Marisette et Bernadette.
1958, il dessine Couinou et Couinette dans Mireille, de nouveau avec Henriette Robitaillie. Ces gags animaliers totalisant plus de 400 pages se poursuivent jusqu’en 1964.
Jean-Louis Pesch crée Bec-en-Fer dans les pages du Pèlerin en 1961, une histoire écrite par Henriette Robitaillie qui met en scène des oiseaux évoluant à la cour du roi Dagobert. Quatre pages sont publiées, puis le personnage est abandonné, les lecteurs de l’hebdomadaire catholique trouvant que les auteurs manquaient de respect envers saint Éloi en le représentant en oiseau.
Nouvelle collaboration pour Pik-Pik le hérisson aux éditions Hemma (1965), puis en 1966 Couik (le caneton), dans Le Journal de Nounours, Henriette Robitaillie scénarise plus tard six épisodes de Sylvain et Sylvette dans la collection des albums Fleurette nouvelle série 1967-1979 :
Ces épisodes sont repris dans la Série bis .
Les albums de Sylvain et Sylvette par Jean-Louis Pesch
Série les Nouvelles Aventures de Sylvain et Sylvette (1957-1965)
Albums en format à la française, 62 à 64 planches, couverture cartonnée
Série les Aventures de Sylvain et Sylvette (Albums Fleurette 1953-1967)
Albums en format à l'italienne, 20 planches, couverture souple.
Les Aventures de Sylvain et Sylvette (Albums Fleurette nouvelle série 1967-1979)
Albums en format à l'italienne, couverture souple. La collection publie en alternance les histoires de Jean-Louis Pesch et celles de Claude Dubois. L'album n°71 Une fausse piste publié en 1975 est le dernier épisode de Jean-Louis Pesch dans cette série. Les histoires suivantes sont publiées directement au format classique dans la collection « Séribis » créée en 1973.
Sylvain et Sylvette (Séribis Fleurus - Lombard - Dargaud)
Les albums écrits par Jean-Louis Pesch seul sont initialement édités à partir de 1973 par Fleurus dans sa collection Seribis (en mélangeant nouveautés et rééditions d'histoires précédemment parues dans la Nouvelle série Fleurette) jusqu'au tome 32 en 1986, repris par Le Lombard, qui réédite les 32 premiers tomes, à partir du tome 33, en 1996, puis par Dargaud, qui réédite les 43 premiers tomes, à partir du tome 44 en 2001, forment une série qui totalise aujourd’hui plus de vingt millions de ventes.
En 2001, Jean-Louis Pesch introduit dans cette collection une série d’albums de gags en une page, scénarisés par Bélom, qui alterne avec les histoires complètes. À partir de 2003, Bérik réalise seul, ou avec Jean-Louis Pesch ou Bélom au scénario, quelques albums de la série. En 2019, un nouveau dessinateur apparaît en la personne d'Albaire. En 2022, Bérik souhaite arrêter et Jean-Louis Pesch ne lui trouvant pas de successeur à son goût, il écrit et dessine La belle aventure, album dans lequel Sylvain et Sylvette retrouvent leur mère. Fin de l’histoire.
Albums de 48 pages, format à la française, brochés chez Fleurus puis cartonnés chez Lombard et Dargaud
Bec-en-Fer
En 1961, Jean-Louis Pesch démarre une série animalière historique sur un scénario d'Henriette Robitaillie, Bec-en-Fer dans le magazine le Pélerin. Mais à la suite des plaintes de certains lecteurs, cette première histoire se conclut au bout de quatre pages. Bien plus tard, Jean-Louis Pesch s'appuyant sur les idées d'Henriette et une collaboration avec Robert Philippe (historien), reprend seul la série en lui donnant un caractère historique. Et c'est en 1980 que les Éditions Fleurus éditent Le Complot de Bec-en-Fer pour la première fois en album. La série compte sept albums entre 1980 et 1995 suivie de deux albums de strips-gags (scénarisé par Bélom 2009 et 2011, paru aux éditions P’tit Louis).
Liste des albums
Notes et références
Annexes
Bibliographie
Livres
- Patrick Gaumer, « Pesch, Jean-Louis », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 666.
- Julien Derouet, Jean-Louis Pesch et ses héros de papier, Turquant, L'Apart, , 240 p. (ISBN 978-2-36032-045-5).
Articles
- Élisabeth Petit, « Jean-Louis Pesch, papa fidèle de Sylvain et Sylvette », La Croix, , p. 28.
- Laurent Beauvallet, « Jean-Louis Pesch : 55 ans de Sylvain et Sylvette », Ouest-France, (lire en ligne)
- « Le retour de Jean-Louis Pesch pour le Festival du livre et de la bande dessinée », La Dépêche, (lire en ligne)
- Philippe Delacotte, « Jean-Louis Pesch. "Sylvain et Sylvette, mes héros" », Le Télégramme, (lire en ligne).
Liens externes
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- BD Gest'
- Lambiek Comiclopedia
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Artists of the World Online
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Source: Wikipedia
