Biographie

Charles-François Gounod, né le et mort le , est un compositeur français. Il a composé douze opéras, dont le plus populaire reste Faust (1859). Son Roméo et Juliette (1867) figure également au répertoire international. Il a composé une abondante musique sacrée, de nombreuses chansons et des pièces courtes populaires, notamment son Ave Maria (une adaptation d’une œuvre de Bach) et la Marche funèbre d’une marionnette.

Né à Paris dans une famille d'artistes et de musiciens, Gounod étudie au Conservatoire de Paris et remporte le Prix de Rome, la plus prestigieuse récompense musicale française. Ses études le mènent en Italie, en Autriche puis en Prusse, où il rencontre Felix Mendelssohn, dont l’engagement en faveur de la musique de Bach eut sur lui une influence précoce. Profondément religieux, il envisage un temps, à son retour à Paris, de devenir prêtre. Il compose abondamment : musique sacrée, lieder, musique orchestrale et opéras.

La carrière de Gounod est interrompue par la guerre franco-prussienne. En 1870, fuyant l'avancée prussienne sur Paris, il se réfugie en Angleterre avec sa famille. Après le retour de la paix en 1871, sa famille regagne Paris, mais lui demeure à Londres, chez une chanteuse amateur, Georgina Weldon (en), qui exerce une influence déterminante sur sa vie. Au bout de près de trois ans, il se sépare d'elle et retourne auprès de sa famille en France. Son absence, conjuguée à l'émergence de jeunes compositeurs français, lui fait perdre sa place de premier plan sur la scène musicale française. Bien qu'il restât une figure respectée, il est considéré comme démodé à la fin de sa vie, et le succès à l'opéra lui échappe. Il meurt dans sa maison de Saint-Cloud, près de Paris, à l'âge de 75 ans.

Peu d'œuvres de Gounod figurent encore au répertoire international régulier, mais son influence sur les compositeurs français postérieurs est considérable. On retrouve dans sa musique un courant de sentiment romantique qui se prolonge dans les opéras de Jules Massenet et d'autres compositeurs ; on y décèle également une retenue et une élégance classiques qui influencent Gabriel Fauré. Claude Debussy écrit que Gounod incarne la sensibilité française essentielle de son temps.

Jeunesse

Charles-François Gounod naît le , place Saint-André-des-Arts à Paris. Il est le second fils du peintre François-Louis Gounod (1758-1823) et de Victoire, née Lemachois (1780-1858), qui s'étaient mariés à Rouen le . François est peintre et professeur d'art, Victoire est une pianiste talentueuse qui avait donné des leçons dans sa jeunesse. Leur fils aîné, Louis Urbain (1807-1850), sera un architecte renommé. Peu après la naissance de Charles, François est nommé artiste officiel du duc de Berry, membre de la famille royale, et les Gounod résident au château de Versailles durant la petite enfance de Charles, où ils disposent d'un appartement.

Après la mort de François en 1823, Victoire subvient aux besoins de la famille en reprenant son ancien métier de professeur de piano, son fils Charles sera l'un de ses premiers élèves. Gounod fréquente plusieurs écoles parisiennes jusqu'au lycée Saint-Louis. Élève brillant, il excelle en latin et en grec. Sa mère, fille de magistrat, espérait qu'il embrasserait une carrière stable d'avocat, mais ses intérêts se portent sur les arts : il est un peintre talentueux et un musicien exceptionnel. Outre l'enseignement musical de sa mère, il est très tôt influencé par les opéras vus au Théâtre-Italien : Otello de Rossini et Don Giovanni de Mozart. D'une représentation de ce dernier en 1835, il se souvient plus tard : « Je restai en extase du début à la fin de l'opéra ». Plus tard la même année il assiste à des des représentations des symphonies Pastorale et Chorale de Beethoven, ce qui ajoute « un nouvel élan à mon ardeur musicale ».

Encore étudiant, Gounod étudie la musique en privé avec Anton Reicha – ami de Beethoven et décrit par un contemporain comme « le plus grand professeur vivant de l'époque » – et est admis au Conservatoire de Paris en 1836. Il y étudie la composition avec Fromental Halévy, Henri Berton, Jean Lesueur et Ferdinando Paer, et le piano avec Pierre Zimmerman. Ses différents professeurs n'ont qu'une influence modérée sur son développement musical, mais durant ses années au Conservatoire, il rencontre Hector Berlioz. Il déclarera plus tard que Berlioz et sa musique comptaient parmi les plus grandes influences émotionnelles de sa jeunesse. En 1838, après la mort de Lesueur, certains de ses anciens élèves collaborent à la composition d'une messe commémorative ; l'Agnus Dei est confié à Gounod. Berlioz dit à ce sujet : « L’Agnus, pour trois voix solistes avec chœur, de M. Gounod, le plus jeune des élèves de Lesueur, est magnifique – très magnifique. Tout y est nouveau et remarquable : la mélodie, la modulation, l’harmonie. Dans cette pièce, M. Gounod a prouvé que l’on peut tout attendre de lui ».

Prix de Rome

En 1839, à sa troisième tentative, Gounod remporte le prix musical le plus prestigieux de France, le Prix de Rome de composition, pour sa cantate Fernand. Il surpasse ainsi son père : François avait obtenu le deuxième prix du Prix de Rome de peinture en 1783. Le Prix offre au lauréat deux années d'études subventionnées à l'Institut français de Rome, ainsi qu'une année supplémentaire en Autriche et en Allemagne. Pour Gounod, ce prix lance non seulement sa carrière musicale, mais laisse également une empreinte spirituelle et musicale indélébile. Selon le musicologue Timothy Flynn, le Prix, avec son séjour en Italie, en Autriche et en Allemagne, est « sans doute l'événement le plus marquant de sa carrière ». Il a la chance que le directeur de l'Institut soit le peintre Dominique Ingres qui connaissait bien François Gounod et qui prend sous son aile le fils de son vieil ami. De cette époque (1841) date son premier portrait peint connu, par son condisciple Charles Octave Blanchard.

Parmi les personnalités artistiques que le compositeur rencontre à Rome figurent la chanteuse Pauline Viardot et la pianiste Fanny Hensel, sœur de Felix Mendelssohn. Viardot sera d'une grande aide à Gounod dans sa carrière ultérieure, et grâce à Hensel, il découvre la musique non seulement de son frère, mais aussi de J. S. Bach, dont la musique, longtemps négligée, était redécouverte avec enthousiasme par Mendelssohn. Gounod découvre également « divers chefs-d'œuvre de la musique allemande que je n'avais jamais entendus auparavant ». Pendant son séjour en Italie, Gounod lit Faust de Goethe et commence à en esquisser une musique pour un opéra, qui aboutira au cours des vingt années suivantes. Parmi les autres œuvres qu'il compose durant ses trois années figurent certaines de ses mélodies les plus connues, telles que « Où voulez-vous aller ? » (1839), « Le Soir » (1840-1842) et « Venise » (1842), ainsi qu'une mise en musique de l'ordinaire de la messe, qui est interprétée à l'église San Luigi dei Francesi à Rome.

À Rome, Gounod voit ses profondes aspirations religieuses s'accroître sous l'influence du prédicateur dominicain Henri-Dominique Lacordaire et est inspiré par les peintures des églises de la ville. Contrairement à Berlioz, qui n'avait pas été impressionné par les arts visuels romains lors de son séjour à l'Institut dix ans plus tôt, Gounod est subjugué par l'œuvre de Michel-Ange. Il découvre et vénère également la musique sacrée de Palestrina, qu'il décrit comme une traduction musicale de l'art de Michel-Ange. La musique de certains de ses contemporains italiens ne lui plait pas. Il critique sévèrement les opéras de Donizetti, Bellini et Mercadante, compositeurs qu'il qualifie de simples « vignes enroulées autour du grand tronc rossinien, sans sa vitalité ni sa majesté », et dépourvus du génie mélodique spontané de Rossini.

Durant sa dernière année de bourse Gounod séjourne en Autriche et en Allemagne. À l'Opéra de la Cour de Vienne il entend pour la première fois La Flûte enchantée, et ses lettres témoignent de sa joie de vivre dans la ville où avaient travaillé Mozart et Beethoven. Le comte Ferdinand von Stockhammer, mécène viennois de premier plan, organise la représentation du Requiem de Gounod. L'œuvre est chaleureusement accueillie et son succès incite Stockhammer à commander une seconde messe au compositeur.

De Vienne, Gounod se rend en Prusse. Il renoue avec Fanny Hensel à Berlin, puis gagne Leipzig pour rencontrer son frère. Lors de leur première rencontre, Mendelssohn le salue : « Alors, c'est vous le fou dont ma sœur m'a parlé ! ». Mais il consacre quatre jours à divertir le jeune homme et l'encourage beaucoup. Il organise un concert spécial de l'orchestre du Gewandhaus de Leipzig afin que son hôte puisse entendre la Symphonie écossaise, et lui joue quelques œuvres de Bach à l'orgue de l'église Saint-Thomas. En retour, Gounod joue le Dies Irae de son Requiem viennois et est flatté lorsque Mendelssohn déclare à propos d'un passage qu'il est digne d'être signé par Luigi Cherubini. Gounod commente : « De tels propos de la part d'un tel maître sont un véritable honneur et on les porte avec plus de fierté que bien des rubans ».

Gounod rentre chez lui à Paris en . Il accepte le poste d'organiste et de maître de chapelle de l'église des Missions étrangères, poste que sa mère l'avait aidé à obtenir. Pour un lauréat du Prix de Rome, ce n'est pas une position prestigieuse. L'orgue de l'église est rudimentaire et le chœur se compose de deux basses, d'un ténor et d'un enfant de chœur. Pour ne rien arranger, les fidèles réguliers sont hostiles à ses tentatives d'améliorer la musique de l'église. Il fait part de ses réflexions à un collègue :

« Il est grand temps que le drapeau de l’art liturgique prenne la place occupée jusqu’ici dans nos églises par celui de la mélodie profane. Bannissons toutes ces bluettes romantiques et ces mièvreries sucrées qui corrompent notre goût depuis si longtemps. Palestrina et Bach sont les Pères musicaux de l’Église ; notre tâche est de nous montrer leurs fils loyaux. »

Malgré son caractère généralement affable et docile, Gounod reste inflexible ; il gagne peu à peu la confiance de ses paroissiens et exerce son ministère pendant la majeure partie des cinq années qu'il avait acceptées. Durant cette période ses sentiments religieux se renforcent. Il retrouve un ami d'enfance, devenu prêtre, Charles Gay, et se sent un temps attiré par la prêtrise. En 1847, l'archevêque de Paris l'autorise à porter l'habit ecclésiastique. Il s'inscrit au cours de théologie de Saint-Sulpice et va écouter les sermons de Lacordaire à Notre-Dame. En 1848, après les journées révolutionnaires, doutant de sa capacité à rester célibataire, il renonce à sa vocation sacerdotale et quitte son poste des Missions étrangères. Il se souvient plus tard :

« La révolution de 1848 venait d’éclater lorsque je quittai mon poste de directeur musical à l’Église des Missions étrangères. Je l’avais occupé pendant quatre ans et demi et j’en avais beaucoup appris, mais, pour ce qui concernait ma carrière future, il m’avait laissé végéter sans aucune perspective. Il n’y a qu’un seul endroit où un compositeur puisse se faire un nom : le théâtre. »

Le début de la carrière théâtrale de Gounod est grandement facilité par ses retrouvailles avec Pauline Viardot à Paris en 1849. Viardot, alors au sommet de sa gloire, lui obtient la commande d'un opéra complet. Gounod est en cela exceptionnellement chanceux : un compositeur novice des années 1840 se voyait généralement demander, tout au plus, d'écrire un lever de rideau (en). Gounod et son librettiste, Émile Augier, créent Sapho, s'inspirant d'une légende grecque antique. L'œuvre se voulait une rupture avec les trois genres d'opéra alors en vogue à Paris : l'opéra italien, le grand opéra et l'opéra-comique. Elle sera plus tard considérée comme la première d'un nouveau genre, l'opéra lyrique, mais à l'époque, certains y voient un retour aux opéras de Gluck, composés soixante ou soixante-dix ans auparavant. Après des difficultés avec la censure, qui juge le texte politiquement suspect et trop érotique, Sapho est donnée à l'Opéra de Paris, à la salle Le Peletier, le . Berlioz, en sa qualité de critique musical, en fait la critique ; il trouve certaines parties « extrêmement belles… le plus haut niveau poétique du drame », et d'autres « hideuses, insupportables, horribles ». L'opéra ne rencontre pas le succès escompté et est retiré de l'affiche après neuf représentations. Il en est donné une unique représentation au Royal Opera House de Londres plus tard dans l'année, avec Viardot de nouveau dans le rôle-titre. La musique est davantage saluée que le livret, et les interprètes plus encore, mais le Morning Post écrit : « L'opéra, nous le regrettons, fut reçu très froidement ».

En avril 1851 Gounod épouse Anna Zimmerman, fille de son ancien professeur de piano au Conservatoire. Ce mariage entraîne une rupture avec Viardot ; les Zimmerman refusent tout contact avec elle, pour des raisons obscures. Le biographe de Gounod, Steven Huebner, évoque des rumeurs de liaison entre le chanteur et la compositrice, mais ajoute que « la vérité demeure floue ». Gounod est nommé surintendant de l’enseignement du chant dans les écoles communales de Paris et, de 1852 à 1860, il préside les Orphéons de la Ville de Paris, une importante société chorale. Il a alors écrit de nombreux chœurs, comme le Vin des Gaulois. Il remplace aussi fréquemment son beau-père âgé et souvent malade, donnant des leçons de musique particulière à des élèves. L’un d’eux, Georges Bizet, trouve l’enseignement de Gounod inspirant, louant « son intérêt chaleureux et paternel » et demeurera un admirateur fidèle toute sa vie.

Malgré la brièveté des représentations de Sapho l'œuvre contribue à asseoir la réputation de Gounod, et la Comédie-Française lui commande la musique de scène de la tragédie en cinq actes et en vers de François Ponsard, Ulysse (1852), inspirée de l’Odyssée. La partition comprend douze chœurs ainsi que des interludes orchestraux. C'est un échec : la pièce de Ponsard est mal accueillie, et le public de la Comédie-Française se montre peu intéressé par la musique. Au cours des années 1850 Gounod compose ses deux symphonies pour orchestre symphonique et l'une de ses œuvres religieuses les plus connues, la Messe solennelle en l'honneur de sainte-Cécile. Écrite pour les célébrations de la Sainte-Cécile de 1855 à Saint-Eustache. Elle témoigne, selon Flynn, de la réussite de Gounod à « mêler le style lyrique à la musique sacrée – une entreprise à laquelle nombre de ses confrères s'essayèrent sans succès ».

Outre la musique d'église et de concert, Gounod compose des opéras, à commencer par La Nonne sanglante en 1854, un récit mélodramatique de fantômes ; Berlioz avait échoué à mettre en musique le livret, qui avait été également rejeté par Auber, Meyerbeer, Verdi et d'autres. Les librettistes Eugène Scribe et Germain Delavigne remanient le texte pour Gounod et l'œuvre est créée à l'Opéra le . La critique dénigre le livret mais loue la musique et la mise en scène ; l'œuvre connait un grand succès jusqu'à ce qu'elle soit victime de luttes politiques. Le directeur de l'Opéra, Nestor Roqueplan, est remplacé par son ennemi, François-Louis Crosnier, qui qualifie La Nonne sanglante d'« immondice » et fait arrêter la production après sa onzième représentation.

Succès et échecs à l'Opéra

En janvier 1856, Gounod est nommé chevalier de la Légion d'honneur. En juin de la même année, lui et sa femme ont leur premier enfant, un fils prénommé Jean (1856-1935). Leur fille Jeanne (1863-1945) naitra sept ans plus tard. En 1858 Gounod compose son opéra suivant, Le Médecin malgré lui. Doté d'un excellent livret de Jules Barbier et Michel Carré, fidèle à la comédie de Molière dont il s'inspire, l'œuvre reçoit d'excellentes critiques, mais ce succès est assombri pour Gounod par la mort de sa mère le lendemain de la première. L'œuvre est créée au Théâtre-Lyrique le , jour anniversaire de la naissance de Molière. À l'époque, une première série de cent représentations est considérée comme une réussite ; Le Médecin malgré lui atteint cet objectif et est repris à Paris et ailleurs pendant le reste du XIXe siècle et au début du XXe siècle. En 1893 le magazine britannique Musical Times loue son « irrésistible gaieté ». Huebner remarque que l'opéra ne mérite pas le relatif oubli dont il souffre depuis.

Avec Barbier et Carré Gounod délaisse la comédie française pour la légende allemande avec Faust. Les trois compositeurs avaient travaillé sur l'œuvre en 1856, mais le projet dut être mis de côté pour éviter une concurrence avec une autre production (non lyrique) du même nom dans un autre théâtre. Reprenant le projet en 1858 Gounod achève la partition, les répétitions commencent vers la fin de l'année et l'opéra est créé au Théâtre-Lyrique en . Un critique rapporte qu'il est présenté « dans un climat d'effervescence et d'attentes exceptionnelles », un autre loue l'œuvre tout en doutant de son succès populaire. Le compositeur se souvient plus tard que l'opéra « ne rencontre pas un grand succès auprès du public au début », mais après quelques révisions et grâce à une promotion active de l'éditeur de Gounod, Antoine de Choudens, il devient un succès international avec soixante-dix représentations la première année. Des représentations ont lieu à Vienne en 1861, puis à Berlin, Londres et New York en 1863. Faust est resté l'opéra le plus populaire de Gounod et un incontournable du répertoire lyrique.

Au cours des huit années suivantes Gounod compose cinq autres opéras, tous avec Barbier, Carré, ou les deux. Philémon et Baucis et La Colombe en 1860 sont des opéras-comiques inspirés de contes de Jean de La Fontaine. Le premier est une tentative de surfer sur la vague des comédies légèrement satiriques à thématique mythologique, lancée par Jacques Offenbach avec Orphée aux enfers en 1858. L'opéra est initialement destiné au théâtre de Baden-Baden mais Offenbach et ses auteurs l'enrichissent pour sa première représentation à Paris, au Théâtre Lyrique. La Colombe, également écrite pour Baden-Baden, y est créée, puis enrichie pour sa première parisienne (1886).

En tant que compositeur de musique sacrée, il assiste en 1860 au Congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique de l'Église.

Après ces deux succès modérés Gounod connait un échec retentissant avec La Reine de Saba en 1862, un grand opéra dans un cadre exotique. L'œuvre est montée avec faste et la première a lieu en présence de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie mais les critiques sont assassines et l'opéra n'est joué que quinze fois. Le critique musical de la Revue des deux Mondes, un certain Paul Scudo, écrit sur La Reine de Saba un compte rendu au vitriol resté célèbre : « Nous savons que l'esprit ingénieux mais faible de M. Gounod a le malheur d'admirer certaines parties altérées des derniers quatuors de Beethoven. C'est la source troublée d'où sont sortis les mauvais musiciens de l'Allemagne moderne, les Liszt, les Wagner, les Schumann, sans omettre Mendelssohn ». Il ajoute que si le compositeur devait s'obstiner dans cette voie, il « serait irrévocablement perdu ». Abattu par cet échec le compositeur cherche du réconfort dans un long voyage à Rome avec sa famille. La ville l'enchante comme toujours : selon Huebner, « le contact renouvelé avec l'imbrication étroite du christianisme et de la culture classique à Rome lui redonna l'énergie nécessaire pour affronter les difficultés de sa carrière à son retour à Paris ».

L'opéra suivant de Gounod est Mireille en 1864, une tragédie en cinq actes se déroulant dans un cadre paysan provençal. Gounod vient s'installer à Saint-Rémy-de-Provence où sa musique s'imprègne de l'atmosphère du Midi et rencontre l'auteur du conte original, Frédéric Mistral. « Je peux tout […], écrit-il, dès qu'il n’y a autour de moi ni bruit ni mouvement […] À Paris, […] on regarde le silence comme un tombeau. Un tombeau ! Mais c'est un paradis que le silence ! ». Certains critiques ont vu dans cette œuvre un précurseur de l'opéra vériste, privilégiant toutefois l'élégance au sensationnalisme. L'opéra est créé à Paris au Théâtre Lyrique en 1864 et ne connait pas un grand succès à ses débuts ; certains s'indignent, reprochant à Gounod d'avoir conféré un statut tragique à une simple fille de paysan. Après quelques remaniements il gagne en popularité en France et reste au répertoire régulier de l'opéra-comique jusqu'au XXe siècle.

En 1866 Gounod est élu à l'Académie des Beaux-Arts et promu au sein de la Légion d'honneur. Au cours des années 1860 ses œuvres non opératiques comprennent une messe (1862), un Stabat Mater (1867), vingt pièces plus courtes de musique liturgique ou religieuse, deux cantates – l'une religieuse, l'autre profane – et une marche pontificale pour l'anniversaire du couronnement de Pie IX en 1869, adoptée plus tard comme hymne officiel de la Cité du Vatican.

Le dernier opéra de Gounod des années 1860 est Roméo et Juliette en 1867, dont le livret suit de près la pièce de Shakespeare. L'œuvre connait un succès immédiat, les recettes sont dopées par l'afflux de visiteurs à Paris pour l'Exposition universelle. Moins d'un an après sa création, elle est jouée dans les plus grands opéras d'Europe continentale, de Grande-Bretagne et des États-Unis. Hormis Faust, elle demeure le seul opéra de Gounod à avoir été fréquemment joué à l'étranger.

Londres

Après le déclenchement de la guerre franco-prussienne en 1870, fuyant l'invasion allemande, Gounod quitte avec sa famille sa maison de Saint-Cloud, près de Paris, pour s'installer d'abord à la campagne près de Dieppe, puis en Angleterre. La maison de Saint-Cloud est détruite par l'avancée des Prussiens lors des préparatifs du siège de Paris. Pour gagner sa vie à Londres, Gounod compose de la musique pour un éditeur britannique ; dans la Grande-Bretagne victorienne, les ballades religieuses et quasi religieuses destinées aux salons sont très demandées, et il se fait un plaisir d'y répondre.

Gounod accepte l'invitation du comité d'organisation de l'Exposition internationale annuelle à composer une œuvre chorale pour son inauguration au Royal Albert Hall le . L'accueil favorable réservé à cette œuvre lui vaut d'être nommé directeur de la nouvelle Royal Albert Hall Choral Society, qui, avec l'approbation de la reine Victoria, est rebaptisée par la suite Royal Choral Society. Il dirige également des concerts orchestraux pour la Philharmonic Society au Crystal Palace, au St James's Hall (en) et dans d'autres salles. Les défenseurs de la musique anglaise déplorent que Gounod néglige les compositeurs anglais lors de ses concerts, mais sa musique est populaire et largement saluée. Le critique musical du Times, JW Davison (en), rarement satisfait de la musique moderne, n'est pas un admirateur de Gounod, mais Henry Chorley (en) de The Athenaeum est un partisan enthousiaste et les écrivains du Musical World, du Standard, de la Pall Mall Gazette et du Morning Post qualifient Gounod de grand compositeur.

En , Julius Benedict, directeur de la Société philharmonique, présente Gounod à une chanteuse et professeure de musique, Georgina Weldon (en). Elle exerce rapidement une influence déterminante sur la vie professionnelle et personnelle de Gounod. La nature de leur relation fait l'objet de nombreuses conjectures. Une fois la paix rétablie en France en 1871, Anna Gounod rentre chez elle avec sa mère et ses enfants, tandis que Gounod reste à Londres, logeant chez les Weldon. Weldon l'initie aux pratiques commerciales concurrentielles des éditeurs, négociant des droits d'auteur importants, mais finit par aller trop loin et l'entraîne dans un procès intenté par son éditeur, procès que le compositeur perd.

Gounod vit chez les Weldon pendant près de trois ans. Les journaux français spéculent sur les raisons de son séjour à Londres ; ces spéculations s’intensifient lorsqu’il est suggéré qu’il a décliné l’invitation du président français à revenir succéder à Auber à la direction du Conservatoire.

En 1872 est donné Les Deux Reines de France, drame de Legouvé, qui est mal accueilli. Puis est créé au théâtre de la Gaîté, Jeanne d'Arc, drame historique de Jules Barbier, qui ravive le patriotisme français.

Début 1874, ses relations avec Davison, du Times, déjà tendues, se transforment en hostilité personnelle. Les pressions qu’il subit en Angleterre et les commentaires à son sujet en France provoquent un effondrement nerveux chez Gounod, et en mai 1874, son ami Gaston de Beaucourt vient à Londres et le ramène à Paris. Furieuse d’apprendre le départ de Gounod, Weldon lui cause par la suite de nombreuses difficultés, notamment en conservant les manuscrits qu’il avait laissés chez elle et en publiant un récit tendancieux et auto-justificateur de leur relation. Elle intente par la suite un procès contre lui, ce qui l'empêche, de fait, de revenir en Grande-Bretagne après mai 1885.

Dernières années

La scène musicale française avait considérablement évolué durant l'absence de Gounod. Après la mort de Berlioz en 1869 Gounod est généralement considéré comme le plus grand compositeur français. À son retour, il retrouve une France où, bien que toujours respecté, il n'est plus à l'avant-garde de la musique française. Une nouvelle génération, comprenant des membres de la Société nationale de musique tels que Bizet, Emmanuel Chabrier, Gabriel Fauré et Jules Massenet, s'impose. Loin d'être amer, il se montre bienveillant envers les jeunes compositeurs, même lorsqu'il n’apprécie pas leurs œuvres. Parmi la seconde génération, il est particulièrement impressionné par Camille Saint-Saëns, de dix-sept ans son cadet, qu'il aurait surnommé « le Beethoven français ».

En 1876 est exécutée en l'église Saint-Eustache la Messe du Sacré Cœur de Jésus. Reprenant la composition d'opéras, Gounod achève Polyeucte, sur lequel il travaillait à Londres, et compose en 1876 Cinq-Mars, un drame historique en quatre actes se déroulant à l'époque du cardinal de Richelieu. Ce dernier est créé à l'Opéra-Comique en avril 1877 et connait un succès mitigé avec seulement cinquante-six représentations. Polyeucte, sujet religieux cher au compositeur, connait un accueil encore plus défavorable lors de sa représentation à l'Opéra l'année suivante. Selon James Harding (en), biographe de Gounod : « Après vingt-neuf représentations de Polyeucte, le public décida que c'en était assez. Il ne fut jamais ressuscité ».

De 1878 à 1893, il habite Paris au coin de l'actuelle place du Général-Catroux et du no 1 de la rue Jacques-Bingen. Le dernier opéra de Gounod, Le Tribut de Zamora composé en 1881, est joué pendant trente-quatre soirs, et en 1884, il entreprend une révision de Sapho, qui est donnée trente fois à l'Opéra. Il remanie le rôle de Glycère, la perfide antagoniste, en s'inspirant de l'image de Weldon : « J'ai rêvé du modèle… qui était terrifiante dans sa laideur satanique ». Malgré ces déceptions, Faust continue de séduire le public, et en novembre 1888, Gounod dirige la cinq-centième représentation à l'Opéra.

Dans la dernière partie de sa vie Gounod compose beaucoup de musique religieuse. Il compose la Messe du Sacré-Cœur de Jésus en 1876, une œuvre monumentale, ainsi que dix autres messes entre cette date et 1893. Ses plus grands succès populaires de la fin de sa carrière sont des œuvres religieuses, notamment les deux grands oratorios La Rédemption en 1882 et Mors et vita en 1885, tous deux composés et créés lors du Festival triennal de Birmingham, en Angleterre. Ces deux œuvres rencontrent un vif succès auprès du public britannique et européen, et sont, à leur époque, largement comparées aux oratorios de Haendel et Mendelssohn. La Société philharmonique de Londres tente, sans succès, de commander une symphonie au compositeur en 1885 (la commande est finalement attribuée à Saint-Saëns). Des fragments d’une troisième symphonie datant de la fin de la carrière de Gounod existent, mais on pense qu’ils ont été composés quelques années plus tard.

Gounod passe ses dernières années à Saint-Cloud, composant de la musique sacrée et rédigeant ses mémoires et essais. Son oratorio Saint Francois d'Assise (en) est achevé en 1891. Le 15 octobre 1893, de retour chez lui après avoir joué de l'orgue pour la messe à son église, il est victime d'une attaque cérébrale alors qu'il parachève son Requiem en do majeur, devenu son chant du cygne, à la mémoire de son petit-fils Maurice, décédé en bas âge. Après trois jours de coma, Gounod meurt le 18 octobre, à l'âge de 75 ans.

Ses obsèques ont lieu dix jours plus tard en l'église de la Madeleine, à Paris, le . Parmi les porteurs de cercueil (en) figurent Ambroise Thomas, Victorien Sardou et le futur président français Raymond Poincaré. Fauré, avec le concours de Camille Saint-Saëns et de Théodore Dubois, dirige, d'après le vœu de Gounod, la messe grégorienne des défunts (la Missa pro defunctis) entièrement vocale, sans orgue ni accompagnement orchestral. Par décret daté du , il s'agit d'obsèques nationales financées par l'État. Après la cérémonie, la dépouille de Gounod est transportée en procession au cimetière d'Auteuil près de Saint-Cloud où il est inhumé dans le caveau familial.

L'auteur-compositeur-interprète Pauline de Lassus, connue sous le nom de scène Mina Tindle, est l'une de ses descendantes. Dans l'émission La Revue de presse du lundi , le journaliste Jérôme de Verdière fait remarquer à l'invitée Roselyne Bachelot, qui présente une compilation de musiques d'opéras français, qu'il est un descendant du compositeur Charles Gounod.

Gounod est surtout connu pour ses opéras, notamment Faust. Célébrée de son vivant, sa musique religieuse est tombée en désuétude au XXe siècle et est aujourd'hui rarement jouée. Ses lieder, qui ont exercé une influence importante sur les compositeurs français postérieurs, sont moins négligés, bien que peu d'entre eux soient célèbres. Michael Kennedy écrit que la musique de Gounod possède « un charme mélodique et une harmonie considérable, avec une orchestration admirable ». Il ajoute que Gounod « n'était pas vraiment un maître des formes imposantes, ce qui le rapproche peut-être de Sullivan, en France ». De nombreux critiques s'accordent à dire que sa carrière a atteint son apogée à ses débuts. Robert Orledge estime que dans les années 1850 et 1860 Gounod a introduit dans l’opéra français une combinaison de « douceur, charme lyrique, savoir-faire accompli et véritable caractérisation musicale », mais que ses œuvres plus tardives tendent vers « la sentimentalité et la banalité… dans sa quête d’une simplicité inspirée »

Cooper écrit qu'avec l'âge Gounod commence à souffrir de « ce qu'on pourrait décrire comme le même complexe de grand maître qui avait affecté Hugo et Tennyson ». Huebner observe que le fait que la réputation de Gounod ait commencé à décliner de son vivant ne diminue en rien sa place parmi les compositeurs les plus respectés et les plus prolifiques de France durant la seconde moitié du XIXe siècle.

Opéras

Gounod a composé douze opéras, appartenant à divers genres alors en vogue en France. Sapho, composé en 1851, est un exemple précoce d'opéra lyrique, plus intimiste et de plus petite envergure que le grand opéra, mais entièrement composé sans les dialogues parlés de l'opéra-comique. Berlioz écrit à son sujet : « J'ai trouvé la plupart des chœurs imposants et d'une simplicité d'accentuation remarquable ; tout le troisième acte m'a paru très beau… Mais le quatuor du premier acte, le duo et le trio du deuxième, où les passions des personnages principaux éclatent avec une telle force, m'ont absolument révolté ». Un critique plus récent souligne le « véritable talent de Gounod pour le drame musical… qu'il exerce dans le Quatuor du premier acte, où chaque personnage a un rôle indépendant, créant un contrepoint efficace tant sur le plan dramatique que musical ». Gounod remanie l'œuvre en 1858, puis, de façon plus radicale, en 1884, mais sans jamais rencontrer le succès. Le seul morceau assez connu de la partition, « O ma lyre immortelle » de Sapho, est une réinterprétation d'une chanson qu'il avait composée en 1841.

La Nonne sanglante, composée en 1854, œuvre d'une ampleur supérieure à celle de Sapho, souffre d'un livret que Huebner qualifie de « mélange malheureux de grand opéra historico-politique et de surnaturel ». Il observe que, dans la tradition du grand opéra, l'œuvre comporte des processions, des ballets, de grands ensembles et « une intrigue où l'histoire d'amour se déroule sur fond historique plus ou moins clairement dessiné ». Annonçant une rare reprise de l'œuvre en 2018, l'Opéra-Comique décrit la partition comme « raffinée, sombre et labyrinthique ». Un critique loue sa « verve et son imagination… une musique colorée et percussive, parfaitement adaptée pour évoquer l'horreur des situations… assez voluptueuse dans les arias (dans une partition que l'on peut néanmoins trouver par endroits assez académique) ».

Cooper classe Le Médecin malgré lui, composé en 1858, parmi les plus belles œuvres de Gounod, « spirituelle, vive et pleine de vie ». En contraste total avec son prédécesseur, il s'agit d'une comédie en trois actes, considérée comme un chef-d'œuvre par Richard Strauss et Igor Stravinsky. Cooper dit de la partition que Gounod semble avoir davantage appris de Mozart que de Rossini ou d'Auber, et avoir « pressenti instinctivement les immenses possibilités comiques de ce qui passait alors pour un style farouchement savant, à savoir le contrepoint ». L'œuvre a conservé sa place au répertoire durant la seconde moitié du XIXe siècle, mais lorsque Serge Diaghilev la remet au goût du jour en 1924, Gounod est tombé en désuétude. Selon Stravinsky, « le rêve de Diaghilev d’une “renaissance” de Gounod s’est heurté à un public indifférent et snob qui n’a pas osé applaudir la musique d’un compositeur rejeté par l’avant-garde ». Pour sa reprise, Diaghilev a commandé à Erik Satie des récitatifs destinés à remplacer les dialogues parlés originaux, et cette version est parfois utilisée dans certaines productions modernes de l’œuvre, comme celle de Laurent Pelly au Grand Théâtre de Genève en 2016.

Faust, composé en 1859, a séduit le public non seulement par sa mélodie, mais aussi par son naturel. Contrairement aux grands opéras des contemporains de Gounod, tels que Les Huguenots de Meyerbeer ou Guillaume Tell de Rossini, Faust, dans sa version originale de 1859, raconte son histoire sans ballets spectaculaires, sans mise en scène fastueuse, sans effets orchestraux grandioses ni émotion théâtrale conventionnelle. « Le charme de Faust résidait dans son naturel, sa simplicité, la sincérité et la force de son message émotionnel » écrit Cooper. Les auteurs ont qualifié Faust de « drame lyrique », et certains commentateurs estiment que les scènes lyriques sont plus fortes que les scènes dramatiques et surnaturelles. Parmi les airs les plus connus de l'œuvre figurent la chanson Le Bijou de Marguerite, le Chœur des Soldats, l'aria de Faust Salut ! Demeure chaste et pure et Le Veau d'or et la Sérénade de Méphistophélès. Une autre chanson populaire est Avant de quitter ces lieux de Valentin, que Gounod compose, un peu à contrecœur, pour la première production londonienne, car le baryton vedette, Charles Santley (en), avait demandé un morceau supplémentaire. Parmi les morceaux populaires de la partition figure la musique du ballet, écrite lorsque l'Opéra – où un intermède de ballet était obligatoire – reprend la présentation de l'œuvre en 1869. Le ballet exploite pleinement les importantes ressources orchestrales de l'opéra ; il est aujourd'hui fréquemment omis lors des représentations, notamment dans les productions hors de France, mais la suite du ballet est devenu un morceau de concert populaire, indépendamment de l'opéra. Les récitatifs généralement utilisés à la place du dialogue parlé original ont été composés par Gounod dans une première révision de la partition.

Évoquant Philémon et Baucis, Huebner remarque que la partition contient peu de musique dramatique et que la plupart des airs sont « de purs ornements venant agrémenter le dialogue parlé ». Pour la reprise de 1876 à l'Opéra-Comique, qui établit l'œuvre à son répertoire jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, Gounod la réduit à deux actes. Pour une reprise par Diaghilev en 1924, le jeune Francis Poulenc compose des récitatifs pour remplacer le dialogue parlé. Le critique musical Andrew Clements écrit à propos de La Colombe qu'il ne s'agit pas d'une œuvre profonde, mais qu'elle est « riche de ces airs charmants dont Gounod avait le secret ». Bien que La Reine de Saba ait été un échec, elle contient trois airs qui connurent un succès modéré : le grand air de la Reine, Plus grand dans son obscurité, celui du roi Salomon, Sous les pieds d'une femme, et le solo de ténor Faiblesse de la race humaine.

Mireille, composé en 1865, connait un succès modéré et, bien qu'elle n'ait pas égalé le succès international de Faust, elle demeure populaire en France jusqu'au XXe siècle. Le morceau le plus célèbre, la valse O légère hirondelle, pièce de bravoure prisée des sopranos coloratures, est composée sur commande pour la prima donna du Théâtre Lyrique un an après la création. Un autre morceau populaire est le flamboyant Si les filles d'Arles d'Ourrias, que le critique Patrick O'Connor décrit comme une tentative du compositeur de réitérer le succès du Veau d'or de Méphistophélès dans Faust. Gounod remanie l'œuvre, lui offrant même une fin heureuse, mais dans les années 1930, Reynaldo Hahn et Henri Büsser préparent une nouvelle édition pour l'Opéra-Comique, rétablissant l'œuvre dans sa structure originale en cinq actes tragiques.

Le dernier opéra à succès de Gounod est Roméo et Juliette en 1867. Gustav Kobbé écrit cinq décennies plus tard que l'œuvre a toujours été plus appréciée en France qu'ailleurs. Il précise qu'elle n'a jamais été populaire en Angleterre, si ce n'est grâce à Adelina Patti puis à Nellie Melba, et qu'à New York, elle n'a été régulièrement programmée au Metropolitan Opera que sous la direction de Maurice Grau (en) à la fin du XIXe siècle. Certains critiques jugent inapproprié que Juliette se voie attribuer une valse (Je veux vivre, dans ce rêve), mais l'air de Roméo, Ah ! lève-toi, soleil, est considéré comme l'un des plus beaux airs de ténor de Gounod. Bien que jamais aussi populaire que Faust, Roméo et Juliette continue de se jouer sur les scènes internationales. Gounod ne connaitra plus aucun succès avec ses nouveaux opéras. Ses trois tentatives, Cinq-Mars (1877), Polyeucte (1878) et Le Tribut de Zamora (1881), ont toutes été retirées rapidement et ont rarement été jouées depuis.

Musique orchestrale et de chambre

Les deux symphonies, en ré majeur et en mi bémol majeur, ne peuvent être datées avec précision. La première est achevée avant 1855 et la seconde avant 1856. Comme beaucoup d'autres compositeurs du milieu du XIXe siècle Gounod se sent intimidé par l'ombre de Beethoven lorsqu'il envisage la composition d'une symphonie, et le public musical français a même le sentiment, que les compositeurs peuvent écrire des opéras ou des symphonies, mais pas les deux. L'influence de Beethoven est manifeste dans les deux symphonies de Gounod et le musicologue Roger Nichols ainsi que le biographe du compositeur, Gérard Condé, relèvent également un emprunt à la Symphonie italienne de Mendelssohn dans le mouvement lent de la Première. Bizet, ancien élève de Gounod, s'inspire de la Première pour composer sa propre Symphonie en ut majeur (1855). Vers la fin de sa vie, Gounod commence une Troisième Symphonie, qu'il ne termine pas. Il subsiste un mouvement lent complet et une grande partie du premier mouvement. Parmi ses autres œuvres orchestrales figure la Marche funèbre d'une marionnette composée en 1879 et une orchestration d'une pièce pour piano solo de 1872.

La Petite Symphonie, écrite en 1885 pour neuf instruments à vent, suit la structure classique en quatre mouvements, avec une introduction lente au premier mouvement de forme sonate. Le commentateur Diether Stepphun la décrit comme « joyeusement contemplative et pleine d'esprit, empreinte de toute la maturité humaine et musicale ». L'Ave Maria de Gounod connait un succès considérable. Il s'agit d'un contrechant superposé à une version du premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach. Dans sa version originale il est écrit pour violon et piano ; le texte du Je vous salue Marie est ajouté à la mélodie ultérieurement.

Musique religieuse

L'œuvre liturgique et religieuse de Gounod est prolifique, comprenant vingt-trois messes, plus de quarante autres pièces liturgiques latines, plus de cinquante chants religieux et polyphoniques et sept cantates ou oratorios. De son vivant, sa musique religieuse est souvent considérée comme plus prestigieuse que ses opéras les plus populaires. Saint-Saëns écrit : « Quand, dans un avenir lointain, les opéras de Gounod auront rejoint le sanctuaire poussiéreux des bibliothèques, la Messe de Sainte Cécile, la Rédemption et la Mort et la Vie demeureront ». Au XXe siècle les opinions évoluent considérablement. En 1916, Gustave Chouquet et Adolphe Jullien évoquent « une monotonie et une lourdeur qui ne peuvent que lasser même le public le plus indulgent ». En 1918, dans un hommage rendu à Gounod pour le centenaire de sa naissance, Julien Tiersot décrit La Rédemption et Mors et Vita comme « imprégnés d’un lyrisme pur et élevé » , mais cette opinion ne prévaut pas. D’autres critiques évoquent « la sensualité du prêtre érotique » et qualifient les oratorios de « summum de la piété hypocrite du XIXe siècle ».

Orledge considère les premières messes comme les meilleures œuvres de musique religieuse de Gounod. Il remarque que le compositeur s'est éloigné de « l'austérité palestrinienne » pour adopter « un style plus fluide et opératique » dans sa Messe solennelle de Sainte Cécile (1855). Il observe qu'en général l'œuvre de Gounod dans les années 1860 « est devenue plus italianisante, tout en conservant ses attributs français de précision, de goût et d'élégance ».

Chants

Les mélodies sont de loin les compositions les plus nombreuses de Gounod : il a écrit plus d’une centaine de chants profanes français et une trentaine d’autres en anglais ou en italien pour le marché britannique. Ces mélodies proviennent de toutes les périodes de sa carrière, mais les meilleures sont généralement considérées comme datant de ses premières années. Maurice Ravel qualifiait Gounod de « véritable fondateur de la mélodie en France ». Le pianiste et musicologue Graham Johnson, citant cette citation, ajoute que si Berlioz pouvait prétendre à ce titre, c’est bien Gounod qui a popularisé la mélodie en France.

« Le don de Gounod pour les mélodies lui a permis de faire entrer en contrebande la mélodie – un nourrisson noble et exigeant – dans les foyers et les cœurs de la classe moyenne française, où les airs d’opéra, l’opérette, la romance et la chansonnette régnaient auparavant. » »

Johnson ajoute que Gounod a apporté à la mélodie « ces qualités d’élégance, d’ingéniosité, de sensibilité et de souci de la littérature qui constituent ensemble les qualités classiques de la chanson française » dans des mélodies qui mettent en valeur le « génie mélodique du compositeur, son talent pour créer de longues lignes fluides (seulement surpassé par Fauré) et son instinct pour le juste harmonique ».

Dès ses débuts, pendant et juste après son passage à la Villa Medicis, les mélodies de Gounod comptent parmi ses plus belles, de l'avis de Huebner et de Johnson On peut citer Où voulez-vous aller ? (sur un texte de Gautier, 1839) – qui a suscité la comparaison avec Berlioz, qui avait déjà mis le poème en musique dans ses Nuits d'été – et Venise (sur un texte de Musset), en 1842, que Johnson décrit comme « d'une force évocatrice étonnante, avec ses interludes tumultueux qui dépeignent la capacité de cette ville à la fois à enivrer et à troubler ». D'autres mélodies de jeunesse, telles que Le Vallon et Le Soir (sur un texte de Lamartine, vers 1840), témoignent de la maîtrise par Gounod des grands poèmes romantiques.

Les chants de la maturité et de la fin de la carrière de Gounod sont généralement considérées comme moins impressionnants. Johnson compare Gounod à Mendelssohn en termes de déclin artistique, suggérant que leur notoriété en tant que figures établies les a conduits à adopter un style « adapté aux fastes des grands festivals de musique ». Néanmoins, Johnson observe que certaines des chansons écrites pendant le séjour de Gounod en Angleterre dans les années 1870 sont excellentes dans leur genre, telles que Oh happy home (paroles d'Edward Maitland, 1872), If thou art sleeping, maiden (Longfellow, 1872 ou 1873) et The Worker (Frederic Weatherly (en), 1873). Le séjour de Gounod en Grande-Bretagne a également donné lieu à des arrangements de chansons folkloriques écossaises et à des mises en musique de poèmes de Wordsworth, Charles Kingsley, Thomas Hood, Byron, Shelley et Francis Palgrave.

Bien que relativement peu d'œuvres de Gounod subsistent au répertoire musical courant, son influence sur les compositeurs français postérieurs est considérable. Selon Cooper, « il était plus qu'un simple compositeur : il était la voix d'une veine profonde et permanente du caractère français… Toute une gamme d'émotions, jusque-là inexprimée, avait trouvé en lui son expression idéale, et c'est peut-être pour cette raison que son influence ne disparaîtra jamais tout à fait ». Cooper suggère que les deux facettes de la musique de Gounod ont influencé des compositeurs français aussi différents que Fauré et Massenet : le premier puisant dans la pureté et le raffinement classiques de Gounod, qu'il affine, tandis que le second s'inspire de son côté romantique et voluptueux (à tel point qu'on le surnommait « la fille de Gounod »). Le commentaire de Ravel sur l’importance de Gounod pour la mélodie est cité plus haut, et Debussy a écrit : « Gounod, malgré toutes ses faiblesses, est essentiel… l’art de Gounod représente un moment de la sensibilité française. Qu’on le veuille ou non, ce genre de chose ne s’oublie pas ».

Gounod est surtout réputé pour ses opéras, principalement :

  • Faust, d'après la pièce de Goethe. Marguerite est séduite par Faust après qu'il a vendu son âme au diable. On y entend l’air de Méphisto Le Veau d'or, l'air de Marguerite dit des bijouxAh ! je ris —, immortalisé à sa façon par La Castafiore de Hergé, le chœur des soldats Gloire immortelle de nos aïeux, la musique de ballet de la Nuit de Walpurgis et le chœur des anges Sauvée, Christ est ressuscité.
  • Roméo et Juliette, d'après la pièce de Shakespeare. Les airs les plus connus sont la valse de Juliette, Je veux vivre, et l'air du ténor, Ah ! lève-toi, soleil !
  • Mireille d'après le poème en provençal Mireio de Frédéric Mistral.
  • Cinq-Mars, Une conjuration sous Louis XIII, sur un livret de Paul Poirson et de Louis Gallet, librement adapté du roman historique d'Alfred de Vigny. L’œuvre fut créée à l'Opéra-Comique le dans sa forme d'opéra dialogué en 4 actes, avec un accueil mitigé : « Si elle n'ajoute rien à la gloire de Gounod, elle ne la diminue pas non plus. » avant d'être remaniée avec des récitatifs chantés et 5 actes. La nouvelle version fut créée à Lyon le . Deux airs de l'opéra figurent parfois dans les récitals : « Nuit resplendissante » (Princesse Marie de Gonzague) et « Ô chère et vivante image » (Cinq-Mars).

Il est également l’auteur des œuvres suivantes :

  • deux symphonies (1855) : Symphonie no 1 en ré majeur et Symphonie no 2 en mi bémol majeur ; et une Petite symphonie pour neuf instruments à vent (1885) ;
  • cinq quatuors à cordes ;
  • Ave Maria, dérivé du premier prélude du Clavier bien tempéré de Bach (non destiné à être interprété dans une église) ;
  • Marche funèbre d'une marionnette pour piano (1872), orchestrée en 1879, popularisée à partir de 1955 en raison de son utilisation comme générique des épisodes d'Alfred Hitchcock présente ;
  • Marche pontificale (1869) pour orchestre, qui deviendra l’hymne national officiel du Vatican en 1949 ;
  • de nombreuses mélodies sur des poèmes d'Alfred de Musset, Alphonse de Lamartine, Jean-Antoine de Baïf, Théophile Gautier ou Jean Racine, tels que : Venise, Le Soir, Ô ma belle rebelle, D’un cœur qui t’aime, Ma belle amie est morte ou L’Absent dont il a écrit lui-même les paroles ; Noël, sur un poème de Jules Barbier ;
  • un Requiem en do majeur, pour chœur et orchestre (œuvre posthume).
  • Prix de Rome (1839)
  • Commandeur de la Légion d'honneur, le
  • Grand officier de la Légion d'honneur, le
  • Membre honoraire de la Royal Philharmonic Society (1869)
  • Médaille d'or de la Royal Philharmonic Society (1871)

Une ville d'Algérie, créée en 1899 dans le département de Constantine au sud de Guelma a porté son nom : Gounod. Elle est aujourd'hui appelée Aïn Larbi. Des collèges de Saint-Cloud et Canteleu portent son nom.

De nombreuses grandes villes de France (rue Gounod à Paris, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Grenoble, Montpellier, Tourcoing) ont une rue à son nom ainsi que la rue Gounod de Saint-Cloud, ville où le compositeur a passé ses dernières années.

Dessins
  • Ingres, Rome, 1841, The Art Institute, Department of Prints and Drawings, Chicago.
Peintures
  • Charles Octave Blanchard, Rome, 1841, musée de la vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, Paris.
  • Ary Scheffer, Paris, vers 1858 (?), château de Versailles
  • Eugen Felix, 1872.

Notes

Références

Sources

Livres

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Journaux

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  • (en) Mina Curtiss, « Gounod before Faust », The Musical Quarterly, vol. 38, no 1,‎ , p. 48–67 (DOI 10.1093/mq/XXXVIII.1.48, JSTOR 739593)
  • (en) Julien Tiersot, « Charles Gounod: A Centennial Tribute », The Musical Quarterly, vol. 4, no 3,‎ , p. 409–439 (DOI 10.1093/mq/IV.3.409, JSTOR 738223, lire en ligne)

Bibliographie

  • Funérailles de M. Gounod, membre de l'Académie le vendredi 27 octobre 1893, Institut de France, Paris, 1893 (lire en ligne)
  • Gérard Condé, Charles Gounod, biographie et catalogue complet, Fayard, 2009.
  • Joël-Marie Fauquet (direction) (préf. Joël-Marie Fauquet), Dictionnaire de la Musique en France au XIXe siècle, Paris, Fayard, , 1405 p. (ISBN 2-213-59316-7), p. 523.
  • Yves Bruley, Charles Gounod, Paris, Bleu nuit éditeur, coll. « Horizons », , 176 p. (ISBN 978-2-35884-044-6).

Articles connexes

  • Inno e Marcia Pontificale, composé par Charles Gounod, et qui en 1949 a remplacé la Gran Marcia Trionfale comme hymne national du Vatican.

Liens externes

  • Site consacré à Gounod
  • La musique religieuse de Gounod sur Musica et Memoria

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Source : Article Charles Gounod de Wikipédia

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