L / M / M / J : 8h - 17h V : 8h - 12h

L'inscription est gratuite pour tous les usagers du Cefppa (apprentis, formateurs et personnels) et sur décision pour les usagers extérieurs …

Biographie

Antoine Payen de La Garanderie, de son nom complet Antoine Roland Olivier Marie Joseph Payen de La Garanderie, né le 22 mars 1920 à Ampoigné (Mayenne) et mort le 27 juin 2010 à Paris, est un philosophe et pédagogue français. Son œuvre, située à la croisée de la phénoménologie, de la philosophie de la connaissance et des sciences de l’éducation, porte principalement sur l’analyse des actes mentaux engagés dans les processus de compréhension et d’apprentissage. Il est notamment connu pour avoir développé la théorie d'action pédagogique : la "gestion mentale".

Formation et débuts

Antoine de La Garanderie naît dans une famille originaire de la Mayenne. Lorsqu'il effectue sa scolarité secondaire se déclare une surdité progressive, longtemps non diagnostiquée, qui marquera durablement son parcours personnel et intellectuel.

Il entreprend des études de philosophie à l’université de Rennes et obtient une licence en 1943. En 1944, il soutient un diplôme d’études supérieures portant sur la notion d’ennui, et valide parallèlement un certificat d’études supérieures en biologie animale et végétale. Il prépare ensuite l’agrégation de philosophie à la Sorbonne, notamment auprès de Gaston Bachelard et Henri Gouhier, mais ne peut se présenter au concours en raison de sa surdité, officiellement reconnue en 1946 (otospongiose).

Carrière d’enseignant et responsabilités institutionnelles

À partir de 1946, Antoine de La Garanderie enseigne la philosophie dans l’enseignement secondaire, notamment aux lycées Saint-Jean de Béthune et Blanche de Castille à Versailles, puis au lycée Sainte-Geneviève (Ginette) en classes préparatoires, où il enseigne jusqu’en 1965. Il est également enseignant à l’Université catholique de Paris entre 1954 et 2000.

En 1961, il devient délégué général de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre (APEL), où il défend une pédagogie centrée sur l'idée de communauté éducative. En 1963, il cofonde l’Institut supérieur de pédagogie (ISP) de Paris, dont il devient directeur adjoint.

Thèse et reconnaissance académique

Inscrit en doctorat à l’université de Rennes, Antoine de La Garanderie soutient en 1969 à l’université de Nice une thèse de doctorat d’État en philosophie intitulée Schématisme et thématisme : le dynamisme des structures inconscientes dans la psychologie d’Albert Burloud. La même année, il publie La Valeur de l’ennui, ouvrage couronné par un prix de l’Académie française.

Il est par la suite nommé directeur de recherches à l’université Lyon 2 et professeur à l’Université catholique de l’Ouest (à partir des années 1980). De nombreux mémoires et thèses universitaires sont consacrés à ses travaux.

Fin de vie

Dans les années 2000, son œuvre s’oriente vers une réflexion sur la question éthique de la joie d'être, notamment à travers des études consacrées à Spinoza, Levinas, Jaurès et Teilhard de Chardin. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur en 1994. Il meurt à Paris le 27 juin 2010.

Ses recherches s'inscrivent dans le cadre de la phénoménologie, la « phénoménologie des actes de connaissance » et il conceptualise une pédagogie à partir de ce qu'il appelle la « didactique des actes de connaissance ». Il propose également une éthique du connaître qui questionne la relation pédagogique. Il étudie les motifs de la réussite et de l’échec des étudiants, et décrit les processus intervenant dans la réflexion et l'apprentissage, en affirmant notamment la nécessité d'enseigner aux élèves les processus cognitifs pour toute acquisition du savoir. En proposant ainsi une didactique des actes de connaissance, il s'inscrit dans la perspective de la pédagogie différenciée, qui s'efforce de rendre l'élève acteur de son apprentissage.

Cette méthode de recherche peut donner lieu à des objections, comme n'importe quelle autre méthode de recherche. Mais elle est parfois qualifiée de manière imprécise de "neuromythe" par des neuroscientifiques. Pourtant de la même façon, les investigations neuroscientifiques des processus de connaissance doivent faire l’objet d’une mise en question sérieuse. Nous avons affaire à des épistémologies différentes, l’une qui décrit les modalités de connaissance et qui se centre sur le témoignage du sujet de connaissance en train de connaître, l’autre qui explique les processus de connaissance, sans recourir directement au sujet qui vit la connaissance. Y a-t-il une épistémologie plus pertinente que l’autre ? Non ! Les deux ont leurs faiblesses et leurs richesses. Nous savons cependant que l’épistémologie des neurosciences nomme tout ce qui échappe à ses méthodes d’investigations, à ses protocoles d’expérimentations, « neuromythe ». Cette expression absurde qui a la forme d’un anathème, est un moyen commode pour ne pas s’interroger sur ses propres limites ; comme l’écrit si bien Pascal dans De l’esprit géométrique et de l’art de persuader : « c’est une maladie naturelle à l’homme, de croire qu’il possède la vérité directement ; et de là vient qu’il est toujours disposé à nier tout ce qui lui est incompréhensible ». Il est fort possible de montrer les limites de l’exploration neuroscientifique qui par l’usage d’instruments, transforme nécessairement l’objet étudié – l’accès à la vérité définitive des processus cognitifs est une chose difficile. Mais surtout, il est possible de mettre en question le fait d’examiner la connaissance comme un processus uniquement matériel et cérébral : que fait-on alors de la liberté du sujet connaissant ? Ce sujet n’est-il pas capable de prendre en main son pouvoir de connaissance, de se donner des intentions, des finalités, des projets, voire des projet de sens, signes d’une liberté d’action ?

La pensée d’Antoine de La Garanderie s’organise autour d’une réflexion sur les actes de connaissance et les conditions d’accès au sens, dans une perspective inspirée de la phénoménologie. Son œuvre peut être comprise selon quatre orientations principales, qui se succèdent et se complètent.

Démarche expérimentale

Entre les années 1950 et la fin des années 1970, La Garanderie adopte une démarche qu’il qualifie d’expérimentale, fondée sur l’observation des pratiques scolaires, notamment auprès d’étudiants des classes préparatoires. Inspiré par la psychologie expérimentale et par les travaux d’Albert Burloud, il formule des hypothèses sur les habitudes mentales mobilisées dans les actes de compréhension et de mémorisation. Ces recherches aboutissent à une première modélisation sous la forme des profils pédagogiques, publiée en 1980, présentée comme provisoire et révisable.

Approche phénoménologique et épistémologique

À partir des années 1980, La Garanderie engage une réflexion critique sur le statut épistémologique de ses travaux. Il s’inscrit explicitement dans le cadre de la phénoménologie, principalement husserlienne, et développe une phénoménologie des actes de connaissance. Il met en évidence des conditions transcendantales du connaître, telles que le projet de sens, l’atmosphère de sens et le vécu de sens. L’introspection y est défendue comme méthode de description des actes cognitifs, notamment dans Défense et illustration de l’introspection (1989). Cette orientation trouve son expression majeure dans Critique de la raison pédagogique (1997).

Dimension éthique

Dans les années 2000, sa réflexion s’élargit à une dimension éthique, en particulier dans Plaisir de connaître. Bonheur d’être (2004). Inspiré par Spinoza, La Garanderie distingue l’éthique de la morale normative et conçoit l’éducation comme visant l’accroissement du pouvoir d’être et du pouvoir de sens de l’élève. La motivation et le plaisir de connaître sont alors compris comme des mouvements liés à la joie d’agir et de comprendre.

Ouverture théologique

La dernière période de son œuvre se caractérise par une ouverture théologique, dans le prolongement de ses analyses phénoménologiques. S’appuyant notamment sur les pensées de Spinoza, Levinas et Teilhard de Chardin, La Garanderie s’interroge sur l’aspiration humaine à l’infini et sur le sens de Dieu, qu’il aborde dans plusieurs ouvrages publiés à partir de 2005.

  • Président d'honneur du Centre de recherche en gestion mentale
  • Prix Montyon 1970 de l’Académie française pour l'ouvrage La valeur de l’ennui
  • Médaille internationale Comenius pour l’ensemble de son œuvre.

Ouvrages

  • La valeur de l'ennui. Paris, Éditions du Cerf, 1968.
  • Schématisme et thématisme : Le dynamisme des structures inconscientes dans la psychologie d'Albert Burloud. Paris/Louvain, Nauwelaerts, Philosophes contemporains, 1969.
  • Une pédagogie de l'entraide. Paris Éditions Ouvrières 1974; Nouvelle édition Lyon Chroniques Sociales, (ISBN 978-2850088636), 1994.
  • Les profils pédagogiques. Paris, Éditions du Centurion, 1980, collection Paidoguides, (ISBN 978-2227125193).
  • Pédagogie des moyens d'apprendre : Les enseignants face aux profils pédagogiques. Paris, Éditions du Centurion, 1982.
  • Le dialogue pédagogique avec l'élève. Paris, Éditions du Centurion, 1984, Paidoguides.
  • Comprendre et imaginer. Paris, Éditions du Centurion, 1987, Paidoguides.
  • Tous les enfants peuvent réussir. 1988. (avec la coll. de Geneviève Cattan, Paris, Éditions du Centurion, 1988, (ISBN 978-2227125216).
  • Défense et illustration de l'introspection. Paris, Éditions du Centurion, 1989, (ISBN 978-2227125247).
  • Pour une pédagogie de l'intelligence. Paris, Éditions du Centurion, (ISBN 978-2227125254), 1990.
  • La motivation, son éveil, son développement. Paris, Éditions du Centurion, (ISBN 978-2227125285), 1991.
  • On peut tous toujours réussir. Un projet pour chacun. (écrit avec Elisabeth Tingry) Paris, Éditions Bayard, (ISBN 978-2227125339), 1991.
  • Réussir ça s'apprend : un guide pour tous les parents. (avec Daniel Arquié) Paris, Éditions Bayard, 1994.
  • L'intuition, de la perception au concept 1995.
  • Critique de la raison pédagogique, Paris, Nathan, 1997.
  • Apprendre sans peur, Lyon, Chronique Sociale, 1999.
  • Les grands projets de nos petits, Bayard, 2001. Réédition en 2025 à La Chronique Sociale : https://www.chroniquesociale.com/comprendre-les-personnes/1406-les-grands-projets-de-nos-petits.html
  • Comprendre les chemins de la connaissance, Lyon, Chronique Sociale, .
  • Plaisir de connaître. Bonheur d'être, Lyon, Chronique Sociale, .
  • Le sens de Dieu chez Spinoza et Teilhard de Chardin (postface de Thierry Payen de La Garanderie : « Antoine de la Garanderie, pédagogue de l'évolution ») Aubin, coll. Science et Spiritualité, .
  • Renforcer l’éveil au sens – Des chemins pour apprendre. Chroniques sociales, Lyon 2006.
  • Le sens de l'autre de Lévinas à Teilhard de Chardin, Aubin, coll. Science et spiritualité, 2006.
  • Le sens de l'autre chez Jaurès et Teilhard, Aubin, 2007.
  • Réussir, ça s'apprend, Paris, Bayard Compact, 2013. (ISBN 978-2-227-48679-9), 2013. Cet ouvrage rassemble six livres d'Antoine de La Garanderie : Les Profils pédagogiques, Pédagogie des moyens d'apprendre, Comprendre et imaginer, Le dialogue pédagogique avec l'élève, Tous les enfants peuvent réussir, Réussir ça s'apprend. Le volume comprend des textes d'introduction pour chaque livre, un index et une table des matières détaillée qui sont le fruit d'un travail accompli par l'équipe de recherche de l'Université catholique d'Angers (GRGM - voir liens externes).
  • Pour une pédagogie de l'intelligence, Paris, Bayard Compact, 2017 ( (ISBN 9782227489493)). Cet ouvrage rassemble sept livres d'Antoine de La Garanderie : Défense et illustration de l’introspection, Pour une pédagogie de l'intelligence, La Motivation, L'intuition, La Critique de la raison pédagogique, Les Grands projets de nos petits, On peut tous toujours réussir.

Document sonore

  • La Pédagogie des moyens d'apprendre, DVD. (Conférence et interview d'Antoine de la Garanderie), coproduction Culture et Vie/Jeunes Plus/Cephas.

Bibliographie

  • Patrick Tapernoux, Comprendre La Garanderie, Privat-Dunod, 1994
  • Charles Gardou (dir.), La gestion mentale en questions. À propos des travaux d'Antoine de La Garanderie. Ramonville Saint-Agne, Éditions Érès, 1995.
  • Jean-Pierre Gaté
    • Éduquer au sens de l'écrit. Paris, Nathan, 1998.
    • (Avec Thierry Payen de la Garanderie), Introduction à Antoine de La Garanderie. Naissance d'un pédagogue. Lyon, Chroniques sociales, 2007.
    • (Avec Armelle Géninet, Michèle Giroul, Thierry Payen de La Garanderie, Vocabulaire de la gestion mentale. Lyon, Chroniques sociales, 2009.
    • (Dir.) La pensée d'Antoine de La Garanderie : Lecture plurielle, postface de Renaud Hétier, Lyon, Chronique sociale, 2013.

Liens externes

  • Ressource relative à la littérature :
    • Académie française (lauréats)
  • Institut international de gestion mentale
  • Articles sur la gestion mentale

Article connexe

  • Liste des familles subsistantes de la noblesse française (L à Z).
  • Portail de la philosophie
  • Portail de la Mayenne
  • Portail de la psychologie
  • Portail de l’éducation

Ce contenu est mis à disposition selon les termes de Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0

Source : Article A. (de) La garanderie de Wikipédia

Contributeurs : voir la liste

Les collaborateurs

Les interviews

La chaine YouTube