Biographie

Giovanni Pacini est un compositeur italien, né le à Catane (Sicile) et mort le à Pescia.

Giovanni Pacini est né à Catane, dans une famille originaire de Toscane, lors de l'un des nombreux déplacements de son père, la basse buffa Luigi Pacini, qui, pour son métier de chanteur d'opéra, est contraint de déménager d'une ville à une autre. Le père devait ultérieurement créer plusieurs rôles des opéras de son fils.

À l'âge de douze ans environ, il commence à étudier le chant et le contrepoint à Bologne et, un an plus tard, la composition à Venise.

Avant d’avoir atteint l’âge de dix-huit ans, il commence à composer, avec un certain succès, quelques opera buffa, mais n’obtient un véritable succès qu’en 1817 avec la représentation au Teatro Re de Milan de l’opéra Adelaide e Comingio. À 21 ans, il entame une longue carrière dans le genre du mélodrame lyrique.

En 1820, à Rome, il collabore avec Rossini à l'opéra Matilde di Shabran. L'année suivante, il fait représenter son Cesare in Egitto, qui rencontre un vif succès à Rome. En 1822, il est invité à bord du navire de la duchesse de Lucques Marie-Louise d'Étrurie. Le voyage se termine à Viareggio, un port du duché qui, à l'époque, grâce aux mesures de la duchesse, devenait une ville élégante et moderne. Pacini, impressionné par les lieux, s'y installe et en fait sa résidence principale jusqu'en 1857. C'est là qu'il rencontre et aime Pauline Bonaparte, sœur de Napoléon, qui y possède une somptueuse villa. Ce lien affectif avec Pauline et la bienveillance de duchesse de Lucques marquent la carrière du compositeur et son activité d'enseignant et de responsable de la vie musicale. Ainsi, à partir de 1822, Pacini est nommé maître de chapelle à Lucques. Néanmoins, l'opéra exige que le compositeur séjourne, parfois fort longtemps, dans d'autres villes. En 1825, il est à Naples, où il fait notamment jouer, au Teatro San Carlo, L'ultimo giorno di Pompei. Il faut attendre 1830 pour trouver Pacini à Paris, ceci afin de présenter son opéra "L'ultimo giorno di Pompei" sur demande expresse d'Henriette Méric-Lalande qui fait alors son entrée au Théâtre-Italien de Paris. Elle rentre alors en France après plusieurs années passées en Italie où elle s'est forgé une solide réputation de prima donna. Le contrat d'Henriette Méric-Lalande prévoyait de donner également, par la suite, "Gli Arabi nelle Gallie" du même Pacini. Toutefois les troubles liés à la révolution de Juillet 1830 bouleversent l'organisation des théâtres, ce qui diffère indéfiniment la première de "L'ultimo giorno di Pompei". La première n'aura lieu que le 02 octobre 1830 (au lieu de juillet/août comme il était d'usage jusqu'alors). Dans l'intervalle Pacini n'a pu rester à Paris pour diriger son opéra, selon la coutume (que Verdi suivra lorsque seront créés à Paris "Les Vêpres siciliennes", en 1855, et "Don Carlos" en 1867), et il a dû rentrer en Italie. En effet un contrat liait Pacini au Théâtre Appolo de Rome où devait être créé en janvier 1831 son opéra "Il Corsaro". Pacini relate succinctement dans ses "Memorie artistiche" les circonstances défavorables de cette production parisienne. L'impréparation générée suffirait à elle seule à expliquer l'insuccès rencontré par cet opéra. Entre autres le choeur spécialiste du répertoire italien qui aurait dû produire cet opéra, a été remplacé à l'occasion des événements, par un autre choeur qui se produisait surtout dans l'opéra allemand (non sans inquiétude de la part de Pacini). Ce dernier note, en bas de page, dans ce même passage des "Memorie artistiche", qu'un journaliste s'est montré particulièrement hostile à son égard. Pacini le nomme, il s'agit de Fétis ... De fait ce dernier, dans la presse et dans la "Biographie universelle des musiciens" ne cessera de ravaler Pacini, sans connaître vraiment sa musique puisque Pacini, contrairement à Rossini, Bellini, Donizetti, Mercadante et Verdi, cantonnera surtout sa production à la Péninsule et ne cherchera pas à faire carrière à Paris. Il n'y reviendra qu'en 1855 sur demande expresse de Napoléon III qui avait entendu en Italie "Gli Arabi nelle Gallie" et souhaitait réentendre cette oeuvre. Il déclinera également la proposition qui lui est faite à cette occasion, de créer un opéra pour Paris (cf. Le mie memorie artistiche).

Pacini est de tous les compositeurs italiens de son époque celui qui a créé le plus pour les deux scènes réputées alors comme étant les premières de la Péninsule, soit la Scala de Milan et le San Carlo de Naples : 12 opéras ont ainsi été créés pour la Scala et 17 pour le San Carlo - voir liste des opéras ci-dessous avec le lieu de leur création). À l'époque de "Gli Arabi nelle Gallie" cette production était à son zénith.

La recréation de "Gli Arabi nelle Gallie" au festival Rossini de Bad Wildbad en 2023 a fait figure d'événement : "On découvre, à l’écoute de l’œuvre, que si tel air ou tel chœur en portent l’empreinte (ndlr : de Rossini), pour l’essentiel la musique sonne souvent comme du Bellini, et on se prend, à l’aide de la chronologie, à se demander non pas si mais quand et combien de fois l’auteur de Norma a pu entendre Gli Arabi nelle Gallie, tant les timbres, les couleurs et les courbes mélodiques de Pacini ramènent à lui. De fait Bellini se trouvait lui aussi à Milan en 1827 pour préparer "Il Pirata" (créé à la Scala le 27 octobre). Par ailleurs la Scala avait inauguré la saison de Carnaval, le 26 décembre 1826, avec un autre opéra de Pacini "Alessandro nell'Indie" (créé au San Carlo en 1824). Bellini connaissait le succès de Pacini.

En 1849, Pacini est nommé directeur du Conservatoire Luigi Cherubini de Florence, mais en 1857, il décide de s'installer à Pescia, à une vingtaine de kilomètres de Lucques, où il meurt en .

Contemporain de Mercadante, Giovanni Pacini demeure, avec Gaetano Donizetti, l'un des plus prolifiques compositeurs d'opéra de son temps avec 74 ouvrages lyriques.

Œuvres attribuées de manière douteuse à Pacini

  • La chiarina (Carnaval (1815–1816 San Moisè, Venise) [confusion probable avec l'œuvre de Giuseppe Farinelli]
  • I virtuosi di teatro (1817 représentation privée, Venise) [peut-être de Simon Mayr]
  • La bottega di caffè (1817 représentation privée, Venise) [peut-être de Francesco Gardi (it)]

Articles connexes

  • Musique italienne
  • Liste de compositeurs italiens de musique classique

Liens externes

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    • Les Archives du spectacle
  • (en) Stefan Zucker, Giovanni Pacini sur le site www.belcantosociety.org
  • (de) « Publications de et sur Giovanni Pacini », dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB).
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Source : Article Giovanni Pacini de Wikipédia

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