Jerry Goldsmith
Biographie
Introduction
Jerry Goldsmith, est un compositeur américain, né le à Pasadena (comté de Los Angeles) et mort le à Beverly Hills. Essentiellement connu pour ses musiques de films, il a également écrit quelques œuvres de concert. Depuis ses débuts dans les années 1950, il a composé un peu plus de 250 musiques pour le cinéma et la télévision.
Parmi ses compositions les plus célèbres, figurent les musiques des films La Planète des singes, Papillon, Chinatown, Alien, le huitième passager, Rambo ou encore Gremlins. Il a obtenu de nombreuses récompenses, dont un Oscar de la meilleure musique pour La Malédiction. Au cours de sa carrière, il travailla de manière privilégiée avec certains cinéastes comme Robert Wise (La Canonnière du Yang-Tse, Star Trek, le film), Joe Dante (Gremlins, Explorers, Small Soldiers) ou Paul Verhoeven (Total Recall, Basic Instinct, L'Homme sans ombre) mais sa collaboration avec Franklin J. Schaffner fut la plus notable (La Planète des singes, Patton, Papillon, Ces garçons qui venaient du Brésil). Il a également travaillé avec Steven Spielberg sur Poltergeist et sur le film à sketches La Quatrième Dimension.
Plusieurs ballets ont par ailleurs été tirés de ses musiques de films, notamment aux États-Unis et en Australie.
Biographie
Enfance et formation
Jerrald « Jerry » King Goldsmith est né le à Pasadena, dans le comté de Los Angeles aux États-Unis. Il est le fils de l'institutrice Tessa Rappaport dit « Tessie » et de l'ingénieur Morris Goldsmith. Sa famille compte plusieurs musiciens amateurs : sa mère est pianiste, son père pratique le violon et son cousin Joseph Zirker joue de la flûte.
Jerry Goldsmith, dont les grands-parents maternels étaient d'origine juive roumaine, a passé toute sa jeunesse à Los Angeles où il apprend le piano dès six ans. Vers l'âge de treize ans, il se perfectionne auprès de Jakob Gimpel (qui jouera plus tard, en tant que pianiste soliste, sur certains enregistrements des bandes originales de son élève comme La Planète des singes). À cette époque, il envisage une carrière de pianiste concertiste et même de devenir un compositeur de musique pure.
À 16 ans, il apprend l'art de la composition, du contrepoint et de la théorie musicale avec le compositeur italien Mario Castelnuovo-Tedesco. Estimant que ce dernier « faisait une fixette stylistique sur la fin du XIXe siècle » en matière de composition, l'adolescent décide d'étudier dans le même temps avec d'autres enseignants dont les compositeurs Eric Zeisl, Ernst Křenek et Buddy Baker au Los Angeles City College.
Il suit ensuite les cours de musique de film dispensés à l'Université de Californie du Sud par le maestro Miklós Rózsa, à qui il voue une grande admiration depuis qu'il a entendu sa partition pour La Maison du docteur Edwardes en 1945. C'est la vision de ce film qui lui donnera la vocation d'écrire pour le cinéma.
Puis il se lance dans la vie active en travaillant entre autres comme pianiste accompagnateur, répétiteur vocal, assistant de chef de chœur et de chef d'orchestre au département « opéra » du Los Angeles City College.
Débuts professionnels
Au début des années 1950, alors qu'il vient juste de se marier, il est embauché au département musical de la chaîne CBS. Sous la direction de Lud Gluskin, il y travaille d'abord comme simple commis dactylo puis copiste.
Quelques mois plus tard, il décroche ses premiers engagements en tant que compositeur pour des séries radiophoniques comme Escape, Romance et Suspense.
Puis, à partir de 1955, il écrit des musiques pour des émissions télévisées diffusées en direct comme Climax!, Studio One, Playhouse 90 et General Electric Theater. Jusqu'en 1960, il travaillera sur une quantité importante de productions télévisuelles qui lui feront côtoyer ses futurs partenaires de cinéma, tels John Frankenheimer et surtout Franklin J. Schaffner avec lequel il entretiendra une grande complicité. Interrogé par Mark Russell et James Young, le compositeur se souvient qu'il devait « être capable de composer plusieurs morceaux dans l'heure qui séparait la séance d'habillage du passage à l'antenne », sans même avoir le temps de faire la moindre répétition avec le petit orchestre qu'il dirigeait.
C'est en 1957 qu'il écrit sa toute première bande originale pour le cinéma avec L'homme au bandeau noir, un western à petit budget. Dans les décennies suivantes, on lui confiera la musique de nombreux autres westerns tels que Rio Conchos, Sept secondes en enfer ou Deux Hommes dans l'Ouest, un genre qu'il renouvelle en introduisant des influences plus modernistes au style traditionnel hérité de Aaron Copland.
Après L'homme au bandeau noir, il entame une longue carrière, au cours de laquelle il va se consacrer à écrire pour l'image pendant presque 50 ans. Très exigeant envers son travail et celui de ses collègues, il affirmait en 1998 :
« Que ce soit pour moi ou pour les autres, il y a cinq grandes partitions par an et cinq chefs-d'œuvre par décennie. Le reste demeure assez creux. »
— Jerry Goldsmith, Dreams to Dreams no 12 (1998).
Carrière musicale
Les années d'expérimentation (1960-1970)
À partir de 1960, il compose la musique de nombreux épisodes de séries télévisées comme Thriller, Gunsmoke et surtout La Quatrième Dimension, une série de science-fiction où il commence à développer un style singulier qui deviendra vite sa marque de fabrique, entre autres dans les épisodes Quatre d'entre nous sont mourants et Les Envahisseurs. On lui doit aussi les thèmes de séries populaires comme Le Jeune Docteur Kildare ou Des agents très spéciaux.
Grâce à l'appui du célèbre compositeur Alfred Newman, il gagne la confiance des studios Universal qui ne tardent pas à lui confier la musique du western dramatique Seuls sont les indomptés en 1962, avant qu'il n'écrive celle de Freud, passions secrètes de John Huston, pour laquelle il est cité pour la première fois à l'Oscar de la meilleure musique. S'inscrivant dans les pas de pionniers comme Leonard Rosenman, la partition atonale qu'il compose pour Freud, passions secrètes s'inspire autant de la Seconde école de Vienne que de l'esthétique de Béla Bartók (à qui il emprunte un fragment de l'adagio de sa Musique pour cordes, percussion et célesta pour le thème de l'hypnose). Après cette nomination aux Oscars, il enchaîne les contrats avec les plus grands studios, dont la 20th Century Fox. En 1964, il expérimente de nouveau l'écriture atonale pour le drame Shock Treatment puis, un an plus tard, pour le film d'espionnage Station 3 : Ultra Secret dont la musique est bâtie sur un thème sériel.
Loin de se cantonner à la musique d'avant-garde, il est aussi capable de produire des mélodies simples et intimistes pour des films plus dramatiques comme Le Lys des champs ou Un coin de ciel bleu, du jazz « baroque » à la Jacques Loussier pour Les Filles du code secret, voire des pastiches humoristiques dans le style d'Henry Mancini pour des parodies comme Notre Homme Flint ou sa suite F comme Flint. En 1966, il renoue avec la science-fiction en composant la bande originale de L'Opération diabolique de John Frankenheimer qui mêle écriture atonale et musique baroque à connotation religieuse. Et, dans un tout autre registre, il écrit une partition de style héroïque pour Le Crépuscule des aigles, avant de mêler influences asiatiques et occidentales sur La Canonnière du Yang-Tsé de Robert Wise.
En 1968, il compose une musique sérielle pour La Planète des singes que réalise son ami Franklin J. Schaffner d'après le roman homonyme de Pierre Boulle. Considérée comme l'un des sommets de sa période expérimentale, cette partition utilise un orchestre composé de nombreuses percussions, de timbres exotiques et tire également profil de l'utilisation de l'échoplex, permettant de créer un effet d'écho pour certains instruments. L'année suivante, pour L'Homme tatoué d'après Ray Bradbury, il écrit un thème très mélodique qui contraste avec des pistes violemment atonales.
Avec Patton de Franklin J. Schaffner qui sort en 1970, il écrit un célèbre thème construit à partir d'un motif répétitif joué par le pupitre des trompettes et traité par l'échoplex. La même année, il compose aussi la bande originale de Tora ! Tora ! Tora ! de Richard Fleischer, un autre film de guerre, sans oublier celle du téléfilm La Fraternité ou la Mort, teintée de jazz et dont l'atmosphère oppressante anticipe celle de La Malédiction.
Diversification et consécration (1971-1979)
Au début des années 1970, en raison du succès des bandes originales de films comme Le Lauréat ou Easy Rider essentiellement constituées de morceaux de musique pop , on assiste à une certaine désaffection des partitions symphoniques au cinéma. Et, comme d'autres confrères, Goldsmith se tourne à nouveau vers la télévision pour laquelle il signe de nombreux thèmes dont celui de La Famille des collines, sans oublier la musique de la mini-série QB VII qui lui permet de remporter un Emmy Award. Il continue toutefois d'expérimenter, notamment en écrivant une partition très avant-gardiste pour le film Satan, mon amour où il utilise des techniques aléatoires ; mais son style évolue et se diversifie afin de répondre à toutes ses commandes.
Pour le film d'aventure Papillon de Franklin J. Schaffner qui sort en 1973, il crée un célèbre thème en forme de valse nostalgique à l'accordéon. L'année suivante, il doit écrire une nouvelle partition pour le film Chinatown de Roman Polanski. Composée en une dizaine de jours seulement pour un petit orchestre à cordes avec quatre pianos, quatre harpes, des percussions et une trompette soliste, la bande originale de Chinatown repose sur une atmosphère poisseuse d'où se détache un Love Theme particulièrement mélancolique. En 1975, deux ans avant que l'apogée de la saga Star Wars ne remette au goût du jour l'écriture symphonique au cinéma, il compose une musique spectaculaire et épique pour le film d'aventures Le Lion et le Vent, dominée par des percussions marocaines et des cuivres puissants.
La consécration viendra enfin en 1976, où il écrit une partition très sombre dans un style dissonant pour le film d'horreur La Malédiction, qui marquera les esprits pour l'utilisation très efficace de chœurs déclamant « Ave Satani », une messe satanique en latin. Sa contribution musicale, influencée par Igor Stravinsky et surtout Carl Orff, participera en large partie au succès du long métrage et sera d'ailleurs récompensée par un Oscar de la meilleure musique de film en 1977. Quelques années plus tard, il écrira la musique des deux volets suivants : Damien : La Malédiction 2 et La Malédiction finale. Parallèlement, il participe aussi à l'essor du film catastrophe en signant la bande originale du Pont de Cassandra qui alterne passages lyriques et dissonants et, deux ans plus tard, celle plus menaçante de L'Inévitable Catastrophe.
En 1977, il imagine une musique pleine de lyrisme pour L'Île des adieux de Franklin J. Schaffner, évocatrice des paysages océaniques entrevus dans le film, et qu'il considère comme l'une de ses plus réussies. Après une première collaboration à la télévision, il retrouve le cinéaste Michael Crichton au cinéma en 1978. Il lui écrit d'abord la partition bartokienne de Morts suspectes puis la virevoltante Grande Attaque du train d'or. La même année, il compose la bande originale de Capricorn One, notable pour son générique en forme de marche impérieuse. L'année suivante, il crée la musique d'Alien, le huitième passager de Ridley Scott, souvent jugée comme l'une de ses meilleures œuvres. S'ouvrant sur des images spatiales associées à une musique mystérieuse d'inspiration debussyste, ce thriller de science-fiction propose une bande originale en grande partie atonale qui recourt à des techniques déjà éprouvées dans La Planète des singes, dont l'utilisation de l'échoplex. Pour Pierre Berthomieu, cette partition « éclaire la nature à la fois cérébrale et primitive, organique » qui caractérise selon lui son style musical.
La même année, il écrit la musique de Star Trek, le film de Robert Wise, un space opera pour lequel il crée une bande originale d'inspiration néo-romantique, puisant dans le répertoire de musiciens tels que Ralph Vaughan Williams. L'orchestre symphonique que requiert Star Trek est pléthorique. En plus des instruments habituels, il comporte entre autres un saxophone ténor, des flûtes électroniques dont une flûte basse traitée à l'échoplex, sans oublier un pupitre de percussions démesuré, des synthétiseurs et de nombreux claviers acoustiques ou électriques. Le compositeur signera par la suite la musique de quatre autres longs métrages de la saga dont Star Trek : Premier Contact où son propre fils Joel Goldsmith l'assiste dans son travail de composition.
Période « électronique » et maturité (1980-1996)
À partir des années 1980, le langage de Goldsmith s'est progressivement assagi, tendant vers un style plus accessible et une esthétique plus romantique, même si les expérimentations du passé restent encore présentes en particulier sur Outland. Dans le même temps, il continue d'œuvrer pour la télévision en signant entre autres une musique d'inspiration hébraïque pour la mini-série historique Masada qui lui offre un autre Emmy Award.
Au cours de cette décennie, on lui doit encore des contributions notables comme la bande originale de Poltergeist, un film d'épouvante produit par Steven Spielberg, pour lequel il écrit la fameuse berceuse de Carol-Anne qui se distingue au sein d'un maelstrom orchestral marqué par l'expressionisme d'un Alban Berg. Dans un style radicalement différent, il compose la musique des trois premiers films de la série des Rambo où il imagine pour le héros un thème nostalgique confié à la guitare et trompette soliste ainsi que des morceaux plus musclés pour les scènes d'action. En 1983, la version cinématographique du célèbre feuilleton La Quatrième Dimension lui permet de rencontrer le cinéaste Joe Dante, avec qui il entretiendra une excellente relation jusqu'à sa toute dernière composition pour le cinéma et pour qui il créera le thème principal délibérément grotesque et sautillant des comédies horrifiques Gremlins et Gremlins 2 : La nouvelle génération.
Après avoir inclus de nombreuses séquences électroniques dans L'Âge de cristal quelques années auparavant, il écrit une partition entièrement réalisée avec un synthétiseur pour le film Runaway : L'Évadé du futur de Michael Crichton. Par la suite, il recourt plus fréquemment aux sonorités électroniques qu'il intègre à l'orchestre, notamment pour le film fantastique Legend de Ridley Scott où il marie l'impressionnisme « magique » du Daphnis et Chloé de Ravel avec la musique celtique. Mais il utilisera aussi des sons synthétiques pour des films plus traditionnels comme Le Grand Défi. Parallèlement, il continue d'explorer la musique ethnique d'autres pays, par exemple avec la bande originale d'Under Fire nourrie des musiques latino-américaines et du jeu de guitare de Pat Metheny ; ou encore celles de Congo et L'Ombre et la Proie, toutes deux inspirées par la musique africaine. Faisant un saut dans le temps, il écrit aussi ses premières musiques d'inspiration médiévales pour Cœur de lion de Franklin J. Schaffner puis, quelques années plus tard, pour Lancelot, le premier chevalier de Jerry Zucker.
À l'aube des années 1990, il commence une collaboration fructueuse avec le réalisateur Fred Schepisi pour qui il signera la partition du film d'espionnage La Maison Russie, écrite pour un orchestre symphonique avec le saxophoniste de jazz Branford Marsalis. Puis il fait la rencontre marquante de Paul Verhoeven, avec qui il entretiendra le même type de relation cordiale qu'il avait avec son défunt ami Franklin J. Schaffner. Il signera d'abord la musique de Total Recall, un film de science-fiction qu'il habille d'un thème puissamment rythmé et percutant ; puis Basic Instinct, un thriller qu'il dote d'une partition ensorceleuse et chargée d'érotisme. Il écrit également des musiques plus intimistes ou romantiques pour des films comme Medicine Man ou Rudy.
Dernières années (1997-2003)
Au fil des années 1990 et au tout début des années 2000, l'esthétique promue par le studio Media Ventures ne cesse de gagner du terrain. Ce nouveau style évite les compositions trop élaborées pour leur substituer des plages sonores enveloppantes essentiellement basées sur l'efficacité de motifs musicaux répétitifs. Malgré tout, Jerry Goldsmith continue d'être sollicité par les studios d'Hollywood, alors que d'autres compositeurs de la même génération sont progressivement mis à l'écart.
En 1997, le compositeur travaille sur des productions importantes comme Air Force One de Wolfgang Petersen, et surtout L.A. Confidential de Curtis Hanson pour lequel il signe une partition mâtinée d'électronique avec une trompette solo nostalgique qui fait écho à la fameuse bande originale de Chinatown. L'année suivante, il compose la musique du dessin animé Mulan pour les studios Disney, seize ans après avoir écrit celle de Brisby et le Secret de NIMH, sa toute première bande originale pour un film d'animation.
En 1999, il signe une partition symphonique de grande ampleur pour La Momie, un remake produit par les studios d'Universal Pictures du célèbre film d'horreur éponyme de 1932 avec Boris Karloff. Puis, la même année, il compose la bande originale du 13e Guerrier, une nouvelle évocation d'un univers médiéval où il développe une musique épique à mi-chemin entre le style du Lion et le vent et Lancelot, le premier chevalier.
Le début des années 2000 le voit toujours actif et il écrit entre autres la musique de L'Homme sans ombre, sa dernière partition pour Paul Verhoeven. Mais en 2002, il tombe malade et doit réduire drastiquement ses activités professionnelles. Néanmoins, il parvient à signer ses dernières bandes originales en 2003 avec les Prisonniers du temps de Richard Donner (dont la partition ne sera finalement pas utilisée), puis Les Looney Tunes passent à l'action de son complice Joe Dante.
Mort et postérité
Il décède à Beverly Hills dans la nuit du des suites d'un cancer du côlon, laissant derrière lui un héritage musical que revendiquent certains compositeurs actuels comme Marco Beltrami ou Brian Tyler.
Ses recherches orchestrales et les caractéristiques de son style ont fait de lui un illustrateur musical réputé pour les films d'action, le cinéma fantastique et de science-fiction. Le foisonnement de sa musique, son énergie viscérale et ses rythmiques saccadées menées à un train d'enfer ont donné un nouvel élan à de nombreuses scènes de combats ou de poursuites. À Hollywood, Il faisait partie des compositeurs parmi les plus avant-gardistes et a inspiré toute une génération de musiciens. Plus largement, il aura contribué avec Alex North à redéfinir l'art de la composition musicale au cinéma, à l'instar de John Williams, sans toutefois connaître la même renommée.
Afin de faire connaître certaines de ses bandes originales endommagées ou perdues et perpétuer ainsi son héritage, des souscriptions en ligne ont été lancées à partir du début des années 2020 pour financer des réenregistrements avec des orchestres actuels. Le compositeur Leigh Phillips (en) a patiemment reconstitué plusieurs partitions, comme L'homme au bandeau noir (en) (1957) et The Man (en) (1972), qui ont été réenregistrées par l'Orchestre national royal d'Écosse placé sous la direction de William Stromberg. L'enregistrement a donné lieu à un CD paru en sur le label Intrada. Deux ans plus tard, plusieurs de ses compositions, écrites entre 1959 et 1962 pour la série télévisée General Electric Theater, sont rejouées par l'Orchestre philharmonique de Prague dirigé par Leigh Phillips et feront l'objet d'un CD également publié par Intrada. En 2025, le même orchestre réenregistre pour le même label les partitions des téléfilms Pursuit (en), Crawlspace (en) et The People Next Door (en), cette fois sous la baguette d'Adam Klemens. La même année, la bande originale du film L'homme le plus dangereux du monde (1969) retrouve à son tour une seconde jeunesse grâce à l'Orchestre national royal d'Écosse dirigé par William Stromberg.
Vie privée
Jerry Goldsmith a d'abord fait un premier mariage avec Sharon Hennagin avec qui il a eu quatre enfants : Joel, Carrie, Ellen Edson et Jennifer Grossman. Son premier fils Joel Goldsmith est lui aussi devenu compositeur pour le cinéma.
Il divorce en 1970 puis se remarie deux ans plus tard avec Carol Heather Sheinkopf, une autrice-compositrice avec qui il aura un second fils prénommé Aaron.
Œuvres de concert
Contrairement à John Williams, Jerry Goldsmith a peu écrit pour le concert. Ses œuvres principales sont deux partitions d'inspiration sérielle : la cantate Christus Appolo (1969) pour récitant, mezzo-soprano, chœurs et orchestre ; ainsi que la courte pièce Music for Orchestra (1970), commandée par Leonard Slatkin et l'Orchestre symphonique de Saint-Louis. En 1999, coïncidant avec son 70e anniversaire, il compose la pièce Fireworks en hommage à la ville où il a toujours vécu, Los Angeles, et qu'il jouera au Hollywood Bowl avec l'Orchestre philharmonique de Los Angeles.
Certaines de ses compositions cinématographiques ont été adaptées sous forme de ballets. On peut citer entre autres l'adaptation de la bande originale d'Un coin de ciel bleu qui a été interprétée par le San Francisco Ballet en 1970, et celle de Capricorn One par la compagnie BalletMet à Colombus dans l'Ohio en 1989. En Australie, son ballet Othello a été créé par l'Australian Ballet en 1971.
Dans les années 1990, il a dirigé également la musique d'autres compositeurs dont les œuvres de son ami et confrère Alex North. C'est notamment lui qui enregistre en 1993 sa partition rejetée pour le film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick.
Fanfares
Dès ses débuts professionnels, les studios de télévision et de cinéma lui commandent des fanfares pour accompagner l'apparition de leur logo à l'ouverture des films. Il compose d'abord l'illustration du logo de la Cinema International Corporation, avant d'écrire la fanfare de Paramount Television en 1976. Puis il signe la musique d'accompagnement du logo de Carolco Pictures en 1987.
Au cours de la décennie suivante, il écrit la signature musicale du logo de Cinergi Pictures en 1993 puis signe celle qui accompagne le logo d'Universal Pictures en 1996. Deux ans plus tard, il compose également la fanfare de la cérémonie des Oscars pour l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences.
Peu avant sa mort, on lui aussi l'illustration musicale du logo de C-2 Pictures en 2003.
Style musical
Influences et spécificités
Doté d'une solide formation classique, Jerry Goldsmith était un musicien cultivé, exigeant avec lui-même comme avec son entourage et qui n'hésitait pas à intégrer dans ses œuvres certaines innovations de la musique contemporaine. Il a été influencé par des compositeurs comme Alban Berg, Igor Stravinsky, Béla Bartók et Aaron Copland, mais aussi par des confrères comme Alfred Newman, Miklós Rózsa et Bernard Herrmann. Extrêmement protéiforme, il maîtrisait aussi bien la musique sérielle, le style « sonoriste » à la manière de l'avant-garde polonaise des années 1960, les rythmes stravinskiens, les inspirations folkloriques ou ethniques, le jazz et la musique de synthétiseur. Du fait de cette faculté d'adaptation, son style reste assez difficile à cerner. On peut toutefois le caractériser par son énergie rythmique et son inventivité en matière de timbre instrumental.
On trouve dans sa musique de nombreux exemples de mesures irrégulières et de changements de rythmes qui constituent sa « marque de fabrique ». Selon Pierre Berthomieu, certaines de ses compositions écrites pour des films d'action ont amené une « complexité rythmique souvent sidérante » à la musique de film hollywoodienne.
Au niveau orchestral, il a entretenu une longue collaboration avec Arthur Morton et Alexander Courage, deux grands orchestrateurs spécialisés dans la musique de film. Souvent innovant, parfois virtuose, l'orchestre de Goldsmith fait appel à une grande variété de timbres et de combinaisons :
- instruments rares : blaster beam, bols de cuisine, boobams, chalémie, gong de navire, klaxon, machine à vent, piano préparé, rub rods, serpent, flûte à coulisse, water chimes, etc. ;
- timbres exotiques : angklung, chophar, conque, cuíca, didgeridoo, rhombe, tambour à fente, etc. ;
- modes de jeu inhabituels : flatterzunge, jeu à l'intérieur du piano, jeu dans une embouchure de cor retournée, jeux spéciaux sur les cordes, hurlements et grognements, percussions préparées, quarts de ton, registre suraigu, timbales frappées sur leur fût métallique, etc.
Rapport à l'image
Sur le plan dramaturgique et dans sa relation à l'image, l'approche de Goldsmith se distingue souvent par sa liberté par rapport aux codes de la musique cinématographique et par la recherche d'un certain décalage. Ainsi, dans Freud, passions secrètes de John Huston, il préfère utiliser une trame atonale basée sur le travail de musiciens du début du XXe siècle comme Arnold Schönberg et Alban Berg plutôt que d'opter pour des valses de Vienne comme pouvaient en écrire des musiciens contemporains du jeune Sigmund Freud comme Johann Strauss II. À l'inverse, lorsqu'il décide d'utiliser des formes musicales plus conventionnelles comme une simple valse viennoise dans le film Ces garçons qui venaient du Brésil de Franklin J. Schaffner, il leur injecte des éléments rythmiques, harmoniques ou orchestraux peu orthodoxes, que le musicologue Sergio Miceli nomme des « substances toxiques », qui vont apporter un vent de fraicheur et de modernité à la bande originale.
Il était également très attentif au montage de la musique dans le film et savait réserver toute sa place au silence afin d'intensifier le suspense ou de laisser place aux dialogues et autres effets sonores. De plus, sa musique s'inscrivait parfois dans une dimension dramatique supplémentaire, ne cherchant pas nécessairement à coller à ce qui est vu à l'écran. On trouve dans son œuvre de nombreuses partitions construites sur plusieurs niveaux. Par exemple, dans Patton, un biopic basé sur la vie du général George Patton, il crée non seulement la marche militaire attendue dans ce film de guerre mais également un choral religieux et une fanfare. Cette dernière est construite sur un célèbre motif de trompettes traité par l'échoplex, qui fait référence à la croyance en la réincarnation du personnage principal. De même, sa musique pour Rambo peut s'analyser sur deux niveaux : tout d'abord un thème principal introspectif qui renvoie à une certaine conception de la ballade américaine nostalgique, évoquant autant l'americana qu'une sorte de western idéalisé ; et une partition plus extérieure, symphonique et à base de percussions martiales qui illustre l'arrière-plan de chasse à l'homme qui constitue la majeure partie du film.
Filmographie
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
Cinéma
Longs métrages
Années 1950
Années 1960
Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000
Courts métrages
- 1964 : The General with the Cockeyed Id de John Sutherland
- 2001 : Soarin' Over California de Rick Rothschild (musique d'accompagnement pour un flying theater)
- 2004 : Mahal Kita de Rickey A. Layman II
Télévision
Séries télévisées
Téléfilms
Distinctions
Durant toute sa carrière, Goldsmith a reçu un total de 18 nominations à l'Oscar de la meilleure musique (ce qui en fait un des compositeurs les plus nommés dans cette catégorie), ainsi que 9 nominations aux Golden Globes et a remporté un Oscar et cinq Emmy Awards.
Récompenses et nominations
- Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section figurent dans l'ouvrage "The encyclopedia of film composers" de Thomas Hischak.
AFI
L'American Film Institute a classé les musiques de Jerry Goldsmith pour les films Chinatown (1974) et La Planète des singes (1968) respectivement à la 9e place et à la 18e place au classement de l'AFI des 25 meilleures musiques de films. Ils sont uniquement cinq compositeurs à avoir plus d'une musique figurant dans ce classement, avec Elmer Bernstein, Bernard Herrmann, Max Steiner, et John Williams.
Ont également été nommées pour être intégrées au classement :
Notes et références
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Monographies
- (es) Christian Aguilera Couceiro (préf. Robert Townson), Jerry Goldsmith : un camaleón musical, Barcelona, Kane Ediciones, , 526 p. (ISBN 978-8409409631).
- Yves Desrichard, Rafik Djoumi et Olivier Desbrosses, Jerry Goldsmith : un orfèvre à Hollywood, Margny-lès-Compiègne, Flynn's generation, , 399 p. (ISBN 978-2491233181).
- (en) Mauricio Dupuis (trad. Cecilia Martini), Jerry Goldsmith : Music Scoring for American Movies, DMG, , 2e éd. (1re éd. 2013), 167 p. (ISBN 978-8890977350, lire en ligne). .
- (fr + en) David Oghia et Olivier Desbrosses, Jerry Goldsmith : Visual Filmography, Margny-lès-Compiègne, Flynn's generation, , 205 p. (ISBN 978-2491233198).
Ouvrages généraux
- Pierre Berthomieu, La musique de film, Paris, Klincksieck, coll. « 50 questions », , 218 p. (ISBN 978-2252034521). .
- Romain Dasnoy et Vivien Lejeune, Le guide des compositeurs de musique de film, Paris, Ynnis Éditions, (ISBN 979-1093376677), « Jerry Goldsmith », p. 27-31.
- (en) Thomas Hischak, The encyclopedia of film composers, Lanham, Rowman & Littlefield, (ISBN 978-1442245495), « Goldsmith, Jerry », p. 272-280. .
- Thierry Jousse, B.O. ! Une histoire illustrée de la musique au cinéma, Vanves, EPA, (ISBN 978-2376710776), « Jerry Goldsmith, le géant », p. 128-129.
- Jean-François Houben, 1 000 compositeurs de cinéma, Paris, Le Cerf/Corlet, coll. « Septième Art », (ISBN 978-2204069892), « Goldsmith, Jerry », p. 289-294.
- (en) Sergio Miceli (trad. Marco Alunno, Braunwin Sheldrick), Film music : History, Aesthetic-Analysis, Typologies, Milan, Ricordi, , 835 p. (ISBN 978-8875929244).
- (en) Reuben Musiker et Naomi Musiker, Conductors and Composers of Popular Orchestral Music : A Biographical and Discographical Sourcebook, Westport (Connecticut), Greenwood Press, (ISBN 978-0313302602), « Goldsmith, Jerry », p. 99-101.
- Mark Russell et James Young, Les compositeurs de musique, Paris, La Compagnie du livre, coll. « Les métiers du cinéma », (ISBN 978-2912679208), « Jerry Goldsmith », p. 59-69. .
- (en) Tony Thomas (dir.), Film Score : The View from the Podium, South Brunswick, A.S. Barnes and Co, (ISBN 978-0498023583, présentation en ligne), « Jerry Goldsmith », p. 219-229.
Études et travaux universitaires
- Pierre Berthomieu, Hollywood : Le temps des mutants, Pertuis, Rouge profond, coll. « Raccords », (ISBN 978-2915083606), « Jerry Goldsmith : la dissonance et l'expérimentation », p. 681-686. .
- (en) Jeff Bond, The music of Star Trek : Profiles in style, Los Angeles, Lone Eagle, , 219 p. (ISBN 978-1580650120, présentation en ligne).
- (en) Elizabeth Fairweather, « Jerry Goldsmith and the Sonification of the “Monstrous-Feminine” in his Science Fiction Scores », Divergence Press, no 2, (lire en ligne).
- (en) Cynthia J. Miller, « 13. Seeing Beyond His Own Time: The Sounds of Jerry Goldsmith », dans Mathew J Bartkowiak (dir.), Sounds of the Future : Essays on Music in Science Fiction Film, Jefferson (Caroline du Nord), McFarland & Company, (ISBN 978-0786444809, lire en ligne), p. 210–222.
- (en) Reba Wissner, A Dimension of Sound : Music in the Twilight Zone, Hillsdale, Pendragon Press, (ISBN 978-1576472163, présentation en ligne), « Chapter 4 - The Scores of Jerry Goldsmith », p. 69-86.
Articles
- (en) « A Tribute to Jerry Goldsmith », Soundtrack!, vol. 18, no 69, , p. 22–51 (ISSN 0771-6303).
- (en) Elmer Bernstein, « A Conversation with Jerry Goldsmith », Film Music Notebook, vol. III, no 2, (ISSN 0097-6520).
- (en) Jeff Bond, « The Gold Standard : Quantifying Jerry Goldsmith's Contribution to Film Music Isn't Easy », Film Score Monthly, vol. 9, no 7, , p. 12-18 (ISSN 1077-4289, lire en ligne). .
- (en) Allan Bryce, « A conversation with Jerry Goldsmith », Soundtrack!, no 25, (ISSN 0771-6303, lire en ligne).
- (en) Jon Burlingame, « Jerry Goldsmith : An Appreciation », The Cue Sheet, vol. 19, no 4, (ISSN 0888-9015, lire en ligne).
- (en) John Caps, « Serial Music of Jerry Goldsmith », Film Music Notebook, vol. II, no 1, , p. 26-30 (ISSN 0097-6520).
- (en) John Countryman, « Jerry Goldsmith and Franklin J. Schaffner : A Study of Collaboration », The Cue Sheet, vol. 5, no 2, (ISSN 0888-9015).
- (en) Vincent J. Francillon, « An Interview with Jerry Goldsmith », The Cue Sheet, vol. 10, nos 3-4, , p. 14-27 (ISSN 0888-9015).
- (en) Stephen M. Fry, « Jerry Goldsmith : A Selective Annotated Bibliography », The Cue Sheet, vol. 10, nos 3-4, , p. 28-39 (ISSN 0888-9015).
- (en) John Takis, « Good as Goldsmith : The Goldsmith Method as Revealed in Four 1960s Masterpieces », Film Score Monthly, vol. 9, no 7, , p. 28-32 (ISSN 1077-4289, lire en ligne).
Interviews audiovisuelles
- (en-US) The Making of Patton: A Tribute to Franklin J. Schaffner, de Michael Arick, 20th Century Fox, 1997 : Inclus dans les suppléments du double DVD Patton.
- (en-US) Commentaires audio de Jerry Goldsmith, Paramount Pictures, 2000 : Inclus dans les suppléments du double DVD Star Trek: The Motion Picture : Director's Edition.
- (en-US) 666: The Omen Revealed, de J.M. Kenny, 20th Century Fox, 2001 : Inclus dans les suppléments du coffret DVD The Omen Trilogy, 25th anniversary edition.
- (en-US) Piste audio isolée commentée par Jerry Goldsmith, Columbia Pictures, 2001 : Inclus dans les suppléments du DVD Hollow Man.
- (en-US) Imagining Total Recall, de Jeffrey Schwarz, Momentum Pictures, 2001 : Inclus dans les suppléments du double DVD Total Recall.
- (en-US) Blonde Poison: The Making of Basic Instinct, de Jeffrey Schwarz, Artisan Home Entertainment, 2001 : Inclus dans les suppléments du DVD Basic Instinct - Special Edition.
- (en-US) The Beast Within: The Making of Alien, de Charles de Lauzirika, 20th Century Fox, 2003 : Inclus dans les suppléments du coffret DVD Alien Quadrilogy.
- (en-US) Commentaires audio de Jerry Goldsmith, 20th Century Fox, 2003 : Inclus dans les suppléments du DVD Planet of the Apes, 35th anniversary edition.
Documentaires
- (en) [vidéo] « Cinemusic : Jerry Goldsmith », Michel van Bellinghen (réalisateur) sur RTBF, (Extrait 1, Extrait 2).
- (en) Jerry Goldsmith, de Ron H. Tilford (prod.) et de Fred Karlin (réal.), coll. « Film Music Masters », 1995, DVD.
Liens externes
- Site officiel
- Analyse de la musique de Jerry Goldsmith sur le webmagazine Underscores (2020)
- Ressources relatives à la musique :
- AllMusic
- Carnegie Hall
- Discografia Nazionale della Canzone Italiana
- Discogs
- Last.fm
- MusicBrainz
- Muziekweb
- Rate Your Music
- VGMDb
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- AllMovie
- Allociné
- American Film Institute
- Ciné-Ressources
- Filmportal
- IMDb
- Ressources relatives au spectacle :
- Les Archives du spectacle
- Kunstenpunt
- Portail de la musique
- Portail du cinéma américain
- Portail du XXe siècle
- Portail du XXIe siècle
Ce contenu est mis à disposition selon les termes de Licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 3.0
Contributeurs : voir la liste
Source: Wikipedia
Les documents
Les collaborateurs
Les interviews
La chaine YouTube
Chaîne Youtube
A New Ending #startrek #jerrygoldsmith #soundtrack
Youtube
The Parachutes from the Air Force One soundtrack #jerrygoldsmith
Youtube
Bloody Christmas from L.A. Confidential #soundtrack #jerrygoldsmith
Youtube
Out Of The Rain from L.A. Confidential
Youtube
“The Final Game” #soundtrack
Youtube
Empty Stadium / The Key (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
The Final Game (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
No Catch (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
The Plaque (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
Hike Notre Dame! (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
Team Play / Ready Champ (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
Tryouts Film Version (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
Back On The Field (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
Accepted (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube
Notre Dame Victory March (from "Rudy") (Official Audio)
Youtube

